Médicaments : les prix baissent pour la Sécu seulement

le
0
INFOGRAPHIE - les prix baissent pour la Sécu montent pour le patient. Les génériques jouent dans un sens, les déremboursements dans l'autre.

Les médicaments représentent plus du tiers des dépenses de santé, hors hospitalisation. Leurs prix ont reculé tout au long de la décennie 2000 (- 1,8 % par an), ­selon une étude de l'Insee. Pourtant, le prix «net», c'est-à-dire payé par le patient ou sa complémentaire santé après remboursement de l'Assurance-maladie, a progressé de 0,6 % par an.

Comment s'explique ce paradoxe apparent? Le tarif des médicaments remboursables (90 % de la consommation) est décidé par l'État, après négociation avec les laboratoires pharmaceutiques. Les principaux critères sont censés être «l'amélioration du service médical rendu» et les volumes de ventes prévus. Le prix d'un générique, lui, est fixé à 40 % du prix du «princeps» (le médicament de marque auquel il se substitue). L'Assurance-maladie veut réduire ce taux à 30 % en 2013 - suscitant les protestations du syndicat professionnel du secteur, qui rappelle que 55 % des génériques consommés en France sont fabriqués dans l'Hexagone par 12.000 salariés.

Effondrement des volumes

Le principal facteur de baisse du prix des médicaments entre 2000 et 2010 est donc l'essor des génériques. L'Assurance-maladie profite de ce mouvement (sur les médicaments anciens car les molécules innovantes, délivrées dans les hôpitaux, coûtent parfois des milliers d'euros par mois). Pour le patient ou sa complémentaire, c'est une autre histoire. Car, en 2003, le taux de remboursement de 617 médicaments passe de 65 % à 35 %. En 2004, même chose pour l'homéopathie. En 2006, un taux de 15 % est créé pour les veinotoniques, qualifiés de médicaments de «confort». En 2008, une franchise de 50 centimes par boîte est instaurée. En outre, le prix des médicaments non remboursables flambe. En général, l'envolée a lieu au moment même de son déremboursement (84 cas en 2003, 282 en 2006, les veinotoniques en 2008). Sa TVA passe alors de 2,2 % à 5,5 %. Mais surtout, son prix devient libre: fabricants et pharmaciens se pressent de l'augmenter pour compenser l'effondrement des volumes vendus. Lors de la vague de déremboursement de 2008, la consommation des médicaments concernés a plongé de deux tiers, et les prix ont augmenté de 41 %.

Une seule mesure est venue contrer un peu cette évolution sur les produits non remboursables: la mise en libre accès de 200 médicaments vendus sans ordonnance a fait reculer de 2 % leur prix en 2008.

LIRE AUSSI:

» Assurance-maladie: les cinq changements en 2012

» Un industriel indien casse le prix des médicaments

» Génériques: les mauvaises habitudes des laboratoires

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant