Médiation du Vatican au Venezuela pour résoudre la crise

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MÉDIATION DU VATICAN AU VENEZUELA
MÉDIATION DU VATICAN AU VENEZUELA

CARACAS (Reuters) - Le gouvernement du président vénézuélien et la principale formation de l'opposition ont décidé d'ouvrir à partir de jeudi à Caracas des discussions officielles pour mettre fin aux troubles qui secouent le pays, les plus violents depuis une décennie.

Dans une lettre, le gouvernement du président Nicolas Maduro a demandé au numéro deux du Vatican, le secrétaire d'Etat Pietro Parolin, de servir de médiateur dans ces discussions. Le cardinal Parolin a été nonce apostolique (ambassadeur) du Saint-Siège à Caracas entre 2009 et 2013.

A Rome, un porte-parole du Vatican a confirmé la volonté de médiation de l'Eglise catholique, sans autres précisions.

L'actuel nonce à Caracas, Mgr Aldo Giordano, assistera aux premières séances officielles de pourparlers dans la capitale vénézuélienne, selon l'opposition.

Le dirigeant d'opposition Henrique Capriles a fait savoir qu'il serait présent "pour défendre la vérité".

Mardi, le président Maduro a conduit la délégation du gouvernement lors de discussions préliminaires avec la coalition d'opposition Unité démocratique (MUD).

Des représentants de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) ont également été invités à jouer les bons offices.

Les affrontements entre forces de sécurité et militants progouvernementaux d'un côté et manifestants d'opposition de l'autre ont fait 39 morts depuis la mi-février, selon les chiffres officiels.

"BON SIGNAL"

Décidés à y mettre un terme, les ministres des Affaires étrangères de l'Unasur étaient présents à Caracas mardi pour organiser la rencontre préliminaire.

"Nous adressons un bon signal à notre pays en nous asseyant pour discuter et résoudre nos différends", a déclaré le vice-président Jorge Arreaza à l'issue de la réunion qui s'est tenue au ministère des Affaires étrangères.

"Nous n'essayons pas de convaincre l'opposition de devenir 'chaviste' comme elle n'essaie pas de nous convaincre d'abandonner la voie de la révolution et du socialisme", a-t-il ajouté.

La criminalité et les problèmes économiques figureront en bonne place dans les discussions, a précisé le vice-président.

Le dirigeant du MUD, Ramon Guillermo Aveledo, a indiqué que l'opposition ferait en sorte que les étudiants, qui ont été à l'origine du mouvement de contestation, ne soient pas oubliés dans les négociations.

Plusieurs dizaines d'entre eux sont toujours en détention. Selon certaines informations, il pourrait y avoir eu des cas de tortures.

Membre de la frange dure de l'opposition, Maria Corina Machado a rejeté les négociations par avance.

"Il ne peut y avoir de dialogue quand des étudiants, des maires et (le dirigeant d'opposition) Leopoldo Lopez sont prisonniers et que la répression continue", a-t-elle déclaré via Twitter.

Bien qu'il n'y ait pas eu de nouvelles victimes depuis plusieurs jours, les affrontements se poursuivent dans les rues de Caracas ainsi que dans certaines villes comme San Cristobal, dans l'ouest du pays.

(Diego Ore et Andrew Cawthorne, Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)

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