Medef et BDI unis face aux couacs répétés entre Paris et Berlin

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LES PATRONS DES PATRONS FRANÇAIS ET ALLEMANDS AFFICHENT LEUR UNITÉ
LES PATRONS DES PATRONS FRANÇAIS ET ALLEMANDS AFFICHENT LEUR UNITÉ

PARIS (Reuters) - Les patrons des patrons français et allemands ont affiché vendredi leur unité et ont appelé Paris et Berlin, dont la coopération est chaotique, à travailler "étroitement ensemble" pour promouvoir croissance, emploi et consolidation budgétaire.

Au surlendemain de son élection à la tête du Medef, Pierre Gattaz a accueilli à Paris son homologue allemand du Bundesverband der Deutschen Industrie (BDI) Ulrich Grillo pour une rencontre à l'issue de laquelle ils ont demandé la mise en oeuvre stricte des recommandations de réformes structurelles formulées le mois dernier par l'Union européenne.

"Nous demandons à nos gouvernements respectifs de suivre avec détermination et intégralement (...) les recommandations spécifiques par pays telles que le Conseil européen de juin vient de les approuver", écrivent-ils dans un communiqué commun.

Paris avait critiqué fin mai les recommandations formulées par la Commission européenne, notamment en matière de réforme des retraites, suscitant l'étonnement, voire la consternation chez certains de ses partenaires, en particulier en Allemagne.

Ulrich Grillo n'a pas caché que la situation économique de la France et le rythme de ses réformes structurelles était un sujet de préoccupation pour les chefs d'entreprise allemands.

"Bien sûr que cela nous préoccupe", a-t-il dit lors d'une conférence de presse commune avec Pierre Gattaz.

"L'Allemagne a mis en oeuvre l'agenda 2010, qui a porté ses fruits", a rappelé le patron du BPI, la plus importante organisation patronale allemande, en référence aux réformes structurelles lancées en Allemagne au début des années 2000.

OUI AU GAZ DE SCHISTE, NON À LA TAXE TOBIN

Le nouveau président du Medef, qui a appelé dès son élection à une réduction de 100 milliards d'euros sur cinq ans d'impôts et charges pesant sur les entreprises, a estimé que l'Allemagne bénéficiait "d'une certaine avance sur la France en ce qui concerne le coût du travail".

Les deux dirigeants patronaux ont aussi annoncé la mise en place d'un comité permanent franco-allemand des entreprises qui élaborera des propositions communes sur tous les sujets essentiels au développement de leurs économies.

Ce comité aura pour but d'obtenir des autorités politiques des décisions et actions concrètes sur la croissance, la compétitivité et l'emploi, a déclaré Pierre Gattaz.

Les deux hommes ont prôné une politique énergétique qui passerait par l'exploration et l'exploitation des gaz de schistes en raison du risque important que constitue la hausse des prix de l'énergie en Europe, qui chasse les investissements industriels du Vieux Continent.

Ils ont condamné dans un communiqué commun la taxe sur les transactions financières, dite taxe Tobin, demandant "le retrait de cette initiative inutile et dangereuse".

Elle "constitue une menace pour les services financiers européens et pour le financement des entreprises et de l'économie dans son ensemble", écrivent-ils.

Pierre Gattaz et Ulrich Grillo ont souligné l'importance à leurs yeux de conclure un traité de libre échange sur le commerce et l'investissement entre l'UE et les Etats-Unis, qui donnerait selon un élan nouveau aux économies européenne américaine à hauteur de 200 milliards d'euros par an.

La France a voulu retarder l'ouverture de ces négociations en raison d'accusations d'espionnage formulées contre Washington. Elle s'est rallié mercredi à un compromis permettant aux pourparlers de débuter la semaine prochaine.

Marc Joanny, édité par Yves Clarisse

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