Me Zhang : la noblesse des défaites

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Me Zhang et Judith Bout, en séance de dédicace à la librairie Le Phénix.
Me Zhang et Judith Bout, en séance de dédicace à la librairie Le Phénix.

Il est là, assis sur sa chaise, une tasse de thé posée devant lui. Impassible. L'index de sa main gauche posé constamment entre son nez et sa lèvre supérieure, Zhang Sizhi, 86 ans, aurait presque des allures de sage. Ce n'est pas un hasard : ses clients et ses confrères l'appellent Maître. En 1956, Zhang Sizhi est l'un des premiers Chinois à avoir épousé la profession d'avocat. Judith Bout, sinologue, lui consacre aujourd'hui un livre : Les confessions de Maître Zhang : l'avocat de la Bande des Quatre et des dissidents chinois. Tous deux sont venus, jeudi, présenter l'ouvrage à la maison du Barreau à Paris, devant de nombreux membres du Conseil de l'Ordre. Jean Castelain et Christiane Féral-Schuhl, respectivement ancien et actuel bâtonniers de Paris, ont vanté à tour de rôle son influence sur les jeunes générations et sa "parole libre". L'avocat chinois ne leur a souvent répondu que par un respectueux silence.Le mutisme de celui qui, toute sa carrière, n'a pu prendre la parole que lorsqu'on l'y invitait. Me Zhang n'a jamais été de ceux qui utilisaient le procès comme une tribune politique. L'État chinois ne lui aurait jamais permis. "Nous n'avons aucun Zola parmi nous, mais je suis sûr que nous en aurons un", assure-t-il pourtant. L'homme a bâti sa carrière sur sa discrétion et sa minutie : ne pas frayer avec les médias et, surtout, jouer pleinement son rôle sans l'outrepasser. Judith Bout résume : "Dire ce qui doit être dit, tout...

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