May sceptique sur l'investissement chinois dans Hinkley Point - ex-ministre

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    par Kate Holton 
    LONDRES, 30 juillet (Reuters) - Theresa May ne partageait 
pas l'enthousiasme de son prédécesseur David Cameron pour 
l'implication financière de la Chine dans le projet de 
construction par EDF de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley 
Point, a confié samedi à la BBC un ancien collègue.  
    "Quand nous étions au gouvernement (Cameron)", a rapporté 
l'ex-ministre des Entreprises Vince Cable, "Theresa May a bien 
fait comprendre qu'elle n'appréciait pas l'approche plutôt 
enthousiaste que nous avions vis-à-vis de l'investissement 
chinois." 
    "Dans mon souvenir, elle avait soulevé à l'époque des 
objections", a-t-il ajouté.  
    Le conseil d'administration d'EDF  EDF.PA  a donné jeudi 
soir son feu vert à ce projet controversé et la signature du 
contrat avec le gouvernement de Theresa May devait avoir lieu 
vendredi mais le nouveau ministre britannique des Entreprises et 
de l'Energie, Greg Clark, a annoncé à la surprise générale que 
son gouvernement allait revoir attentivement tous les aspects du 
projet et rendre sa décision en début d'automne.   
    Le Royaume-Uni et EDF ont conclu un accord sur le projet 
Hinkley Point, en Angleterre, en 2013 alors que la participation 
chinoise a été intégrée deux ans plus tard à l'occasion d'une 
visite d'Etat à Londres du président chinois Xi Jinping pour 
célébrer le début d'une nouvelle "période dorée" entre les deux 
puissances.  
    A la fin octobre 2015, EDF, son partenaire chinois CGN et le 
gouvernement britannique ont conclu une série d'accords en vertu 
desquels l'électricien public français détiendra 66,5% du projet 
et CGN (China General Nuclear) 33,5%. Le coût de construction 
des réacteurs est estimé par EDF à 18 milliards de livres 
sterling (21,3 milliards d'euros environ).   
     
    SECTEUR STRATÉGIQUE 
    Theresa May a été pendant six ans ministre de l'Intérieur du 
gouvernement de David Cameron avant de prendre sa succession à 
la tête de l'exécutif britannique après le vote du 23 juin en 
faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.  
    Dans les semaines qui ont suivi le "Brexit", la nouvelle 
chef du gouvernement britannique a souligné que son pays restait 
ouvert aux investissements. Elle a toutefois prévenu que son 
gouvernement devait être capable d'intervenir pour défendre un 
secteur jugé stratégique contre des capitaux étrangers si 
nécessaire.  
    L'an dernier, Nick Timothy, un proche collaborateur de 
Theresa May devenu l'un de ses chefs de cabinet, s'était 
inquiété du fait que le groupe CGN, détenu par l'Etat chinois, 
aurait accès à des systèmes informatiques lui donnant la 
capacité de bloquer la production énergétique britannique. 
    Les deux réacteurs de Hinkley Point, dans le sud-ouest de 
l'Angleterre, fourniraient environ 7% de l'électricité du 
Royaume-Uni et permettraient de combler le vide laissé par la 
fermeture des centrales à charbon du pays, prévue d'ici 2025.  
    Les frais de construction sont à la charge d'EDF et CGN mais 
le gouvernement britannique s'est engagé à verser pendant 35 ans 
un prix minimum pour l'électricité fournie par la centrale.  
    Les opposants au projet, parmi lesquels des élus et experts 
britanniques, estiment que Londres surpayera son électricité à 
ce tarif, qui est actuellement deux fois plus élevé que les prix 
du marché.  
    EDF, qui a dit ne pas avoir été prévenu de la décision du 
gouvernement britannique de réexaminer le projet, s'est dit 
confiant dans la décision que rendra Londres à l'automne. CGN a 
déclaré respecter la décision du gouvernement de prendre du 
temps pour se familiariser avec le dossier.  
    Le verdict attendu du gouvernement britannique pourrait 
coïncider, en septembre, avec une décision concernant un autre 
projet d'infrastructure majeur, celui de l'extension des 
aéroports londoniens de Heathrow ou Gatwick, déjà plusieurs fois 
repoussé.  
    Les services de Theresa May n'ont pas réagi aux propos de 
Vince Cable. Une porte-parole du gouvernement a déclaré vendredi 
qu'il était "simplement normal" que le nouveau cabinet se penche 
sur tous les aspects du projet. 
     
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 

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