May reste avare en détails sur le Brexit à son premier sommet européen

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    par Elizabeth Piper et Noah Barkin  
    BRUXELLES, 21 octobre (Reuters) - Theresa May, qui 
participait à son premier sommet européen en tant que Première 
ministre britannique, a bénéficié jeudi d'un court moment à 
l'issue du dîner des chefs d'Etat et de gouvernement à Bruxelles 
pour exposer ses projets en vue de la sortie de la 
Grande-Bretagne de l'Union européenne. 
    Theresa May a confirmé qu'elle invoquerait d'ici fin mars 
2017 l'article 50 relatif à la sortie de l'UE décidée le 23 juin 
par référendum, ce qui lancera deux ans de négociations. 
    Elle a répété qu'il n'y aurait pas de deuxième référendum et 
s'est prononcée en faveur d'une sortie "en douceur et ordonnée". 
    Son intervention n'a été suivie d'aucun débat, a rapporté un 
diplomate européen. "May est restée fidèle à ses notes", a dit 
ce diplomate, se faisant l'écho de la frustration perceptible 
dans certaines capitales européennes face au flou persistant 
quant à la nature de la relation entre la Grande-Bretagne et 
l'UE que souhaite instaurer la nouvelle Première ministre 
britannique. 
    Cette dernière a récemment laissé entendre qu'elle comptait 
permettre à Londres de reprendre le contrôle de sa politique 
d'immigration, y compris en provenance de l'Union européenne, ce 
qui serait contraire au principe de libre circulation au sein de 
l'UE, l'un des quatre grands principes du bloc. Une telle 
initiative exposerait la Grande-Bretagne à perdre son accès au 
marché unique européen, ce qui suscite l'inquiétude des milieux 
d'affaires britanniques, en particulier dans le secteur 
financier. 
    Une telle issue est qualifiée de "Brexit dur" et François 
Hollande a mis en garde la chef du gouvernement britannique. 
    "Madame Theresa May veut un Brexit dur, les négociations 
seront dures", a dit le président français. 
    Donald Tusk, le président du Conseil européen, a abondé dans 
ce sens. 
    "Les principes de base, c'est-à-dire le marché unique et 
l'indivisibilité des quatre libertés, resteront le socle de 
notre position", a-t-il dit. 
    Alors que les Britanniques se préparaient à un sommet 
difficile, un collaborateur de Theresa May a qualifié l'ambiance 
de "constructive" et a rapporté que la Première ministre s'était 
efforcée de montrer que la Grande-Bretagne restait un membre 
actif de l'UE en soutenant le principe de mesures contre la 
Russie au sujet de la Syrie.   
    Selon des diplomates européens, Theresa May est intervenue à 
plusieurs reprises au cours de la soirée, non seulement sur la 
Syrie mais aussi sur la gestion des migrants, un thème qui 
rentrait dans le cadre de ses compétences lorsqu'elle était 
ministre de l'Intérieur. 
    Lors d'une discussion au sujet des projets définis en son 
absence le mois dernier lors d'un sommet des 27 autres pays de 
l'UE, Theresa May a pris la parole pour réclamer que la 
Grande-Bretagne ne soit pas exclue des décisions prises au sein 
de l'Union tant qu'elle en serait membre. 
 
 (Avec Elizabeth Pineau; Bertrand Boucey pour le service 
français) 
 
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