May forme un gouvernement de combat chargé de réussir le Brexit

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    par Kate Holton et Costas Pitas 
    LONDRES, 14 juillet (Reuters) - La nouvelle Première 
ministre britannique, Theresa May, a poursuivi jeudi la 
composition du gouvernement avec lequel elle entend réussir au 
mieux la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, n'hésitant 
pas à écarter des figures du Parti conservateur. 
    Au lendemain de son installation au 10, Downing Street, 
Theresa May a ainsi mis sur la touche le ministre de la Justice 
Michael Gove, un partisan du Brexit qui avait un temps brigué la 
succession de David Cameron, après avoir confié le portefeuille 
clé du Foreign Office à l'ancien maire de Londres Boris Johnson, 
provoquant la stupéfaction dans bon nombre de chancelleries du 
monde entier. 
    Face aux interrogation sur l'impact économique du Brexit au 
Royaume-Uni, Theresa May a installé Philip Hammond au ministère 
des Finances et ce dernier a promis qu'il serait moins 
intransigeant que son prédécesseur George Osborne en matière de 
réduction des déficits publics. 
    "Les marchés ont besoin de signaux encourageants, ils 
doivent savoir que nous ferons tout ce qui est nécessaire pour 
maintenir l'économie sur les bons rails", a déclaré Philip 
Hammond. 
    "Bien sûr, nous allons poursuivre la réduction des déficits, 
mais les questions de méthodologie, de calendrier et de rythme 
seront abordées à la lumière des nouvelles circonstances 
économiques", a-t-il dit.  
    En dépit des attentes des analystes, la Banque d'Angleterre 
a choisi jeudi le statu quo et n'a pas touché à son taux 
directeur alors que les investisseurs s'attendaient à ce qu'elle 
lâche un peu de lest. Mais elle a laissé entendre qu'elle 
annoncerait des mesures de soutien au crédit et à l'économie dès 
le mois prochain.   
     
    OSBORNE SUR LA TOUCHE 
    Theresa May, qui avait soutenu du bout des lèvres le camp du 
"Remain", doit encore choisir quand et comment enclencher la 
procédure de divorce avec les autres pays de l'Union européenne, 
qui espèrent de leur côté que le dossier sera réglé rapidement. 
    Interrogé à l'occasion de la traditionnelle interview du 
14-juillet, le président français, François Hollande, a prié la 
nouvelle Première ministre de ne pas perdre de temps, tout en 
lui rappelant que "le Royaume-Uni ne peut pas avoir dehors ce 
qu'il avait dedans".    
    Theresa May a préféré réserver ses premiers mots de chef de 
l'exécutif aux Britanniques ordinaires, leur promettant 
davantage de justice sociale. 
    "Le gouvernement que je dirige ne sera pas conduit en 
fonction des intérêts de quelques privilégiés mais en fonction 
des vôtres. Nous ferons tout ce qui est possible pour vous 
donner davantage de contrôle sur vos vies", a-t-elle dit. 
    Les Britanniques ont fait le choix du Brexit en dépit des 
signaux adressés par le camp du "Remain" qui assuraient qu'une 
telle issue précipiterait le Royaume-Uni dans une phase de 
turbulences, tandis que les partisans du "Leave" accusaient les 
pro-européens de mener une campagne de terreur et expliquaient 
qu'une sortie de l'UE redonnerait la prospérité à une 
Grande-Bretagne redevenue indépendante de Bruxelles. 
    L'une des premières décisions prises par Theresa May après 
sa nomination par la reine Elizabeth II a été de se séparer de 
George Osborne, qui a incarné pendant six ans les politiques 
d'austérité britannique et qui s'était ostensiblement rangé dans 
le camp des partisans du maintien dans l'UE. 
    La Première ministre a poursuivi l'exercice jeudi en 
écartant les ministres de la Justice, de l'Education, de la 
Culture et celui des Relations avec la Chambre des communes.  
    Theresa Villiers, ministre pour l'Irlande du Nord et Stephen 
Crabb, ministre du Travail et des Retraites, ont quant à eux 
démissionné. 
    Parmi les entrants, on constate l'arrivée de personnalités 
de l'aile droite du Parti conservateur, dont David Davis, nommé 
à un ministère nouvellement créé, celui de la sortie de l'Union 
européenne, et Liam Fox, ancien ministre de la Défense, 
désormais chargé du Commerce international.  
    Ces deux chauds partisans du Brexit seront donc en première 
ligne dans les négociations longues et délicates qui s'annoncent 
avec l'Union sur la procédure de divorce. 
 
 (Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
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  • am013 il y a 5 mois

    Il n'y a rien à négocier quand on part et que l'on demissionne

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