May avare en détails sur le Brexit à son premier sommet européen

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À BRUXELLES, MAY ÉVOQUE LES CONDITIONS DU BREXIT
À BRUXELLES, MAY ÉVOQUE LES CONDITIONS DU BREXIT

par Elizabeth Piper et Noah Barkin

BRUXELLES (Reuters) - Theresa May, qui participait à son premier sommet européen en tant que Première ministre britannique, a bénéficié jeudi d'un court moment à l'issue du dîner des chefs d'Etat et de gouvernement à Bruxelles pour exposer ses projets en vue de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne.

Theresa May a confirmé qu'elle invoquerait d'ici fin mars 2017 l'article 50 relatif à la sortie de l'UE décidée le 23 juin par référendum, ce qui lancera deux ans de négociations.

Elle a répété qu'il n'y aurait pas de deuxième référendum et s'est prononcée en faveur d'une sortie "en douceur et ordonnée".

Son intervention n'a été suivie d'aucun débat, a rapporté un diplomate européen. "May est restée fidèle à ses notes", a dit ce diplomate, se faisant l'écho de la frustration perceptible dans certaines capitales européennes face au flou persistant quant à la nature de la relation entre la Grande-Bretagne et l'UE que souhaite instaurer la nouvelle Première ministre britannique.

Cette dernière a récemment laissé entendre qu'elle comptait permettre à Londres de reprendre le contrôle de sa politique d'immigration, y compris en provenance de l'Union européenne, ce qui serait contraire au principe de libre circulation au sein de l'UE, l'un des quatre grands principes du bloc. Une telle initiative exposerait la Grande-Bretagne à perdre son accès au marché unique européen, ce qui suscite l'inquiétude des milieux d'affaires britanniques, en particulier dans le secteur financier.

Une telle issue est qualifiée de "Brexit dur" et François Hollande a mis en garde la chef du gouvernement britannique.

"Madame Theresa May veut un Brexit dur, les négociations seront dures", a dit le président français.

Donald Tusk, le président du Conseil européen, a abondé dans ce sens.

"Les principes de base, c'est-à-dire le marché unique et l'indivisibilité des quatre libertés, resteront le socle de notre position", a-t-il dit.

Alors que les Britanniques se préparaient à un sommet difficile, un collaborateur de Theresa May a qualifié l'ambiance de "constructive" et a rapporté que la Première ministre s'était efforcée de montrer que la Grande-Bretagne restait un membre actif de l'UE en soutenant le principe de mesures contre la Russie au sujet de la Syrie.

Selon des diplomates européens, Theresa May est intervenue à plusieurs reprises au cours de la soirée, non seulement sur la Syrie mais aussi sur la gestion des migrants, un thème qui rentrait dans le cadre de ses compétences lorsqu'elle était ministre de l'Intérieur.

Lors d'une discussion au sujet des projets définis en son absence le mois dernier lors d'un sommet des 27 autres pays de l'UE, Theresa May a pris la parole pour réclamer que la Grande-Bretagne ne soit pas exclue des décisions prises au sein de l'Union tant qu'elle en serait membre.

(Avec Elizabeth Pineau; Bertrand Boucey pour le service français)

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  • ANOSRA il y a 9 mois

    Notre Président "qui ne devrait pas dire ça" veut des négos dures alors qu'il ne sera même plus là pour négocier , et que demain il ne souviendra plus de ce qu'il a affirmé hier !!!

  • vroder il y a 9 mois

    Il faut juste que sa voix compte pour du beurre