Maximilian Schell, l'un des grands Européens d'Hollywood, meurt à 83 ans

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L'acteur autrichien Maximilian Schell AFP PHOTO / DPA / FRANK RUMPENHORST +++ GERMANY OUT
L'acteur autrichien Maximilian Schell AFP PHOTO / DPA / FRANK RUMPENHORST +++ GERMANY OUT

(AFP) - L'acteur Maximilian Schell, l'un des quelques Européens à avoir réussi à Hollywood, s'est éteint samedi en Autriche, où il continuait de vivre sa passion à l'âge de 83 ans.

L'Oscar 1961 du meilleur acteur a succombé en pleine nuit à "une maladie grave et soudaine" dans une clinique d'Innsbruck (ouest de l'Autriche), a annoncé son agente Patricia Baumbauer. Les médias locaux ont évoqué une pneumonie.

Artiste aux talents multiples, du théâtre au cinéma en passant par la mise en scène d'opéra et la réalisation de documentaires, Maximilian Schell était le frère de Maria Schell (1926-2005), une autre Européenne à avoir, comme lui, percé dans le cinéma américain dans la lignée des Greta Garbo, Marlene Dietrich ou Alfred Hitchcock.

Il était né le 8 décembre 1930 à Vienne. Fils de l'écrivain suisse Ferdinand Schell et de la comédienne autrichienne Margarethe Noe von Nordberg, il détenait les deux nationalités.

La famille s'enfuit vers la Suisse en 1938, lors de l'annexion (Anschluss) de l'Autriche par l'Allemagne nazie.

Maximilian ira au lycée de Bâle. C'est au théâtre municipal de cette ville qu'il fera ensuite, à 23 ans, ses débuts de metteur en scène, dramaturge et comédien. C'est l'époque où Maria devient une star mondiale, devenant la première comédienne à avoir les honneurs de la couverture de Time Magazine.

"Je suis resté dans son ombre pendant toute ma vie", déclarait modestement il y a quelques années "le petit frère" au journal allemand "Süddeutschen Magazin". Sa dévotion fraternelle le conduira, en 2002, à réaliser le documentaire intimiste "Ma soeur Maria".

Hollywood le découvre en 1958 dans "Le Bal des Maudits" (The Young Lions), où il partage l'affiche avec Marlon Brando. La consécration arrive en 1961, avec un Oscar du meilleur acteur pour le rôle d'un avocat de nazis dans "Jugement à Nuremberg" (Judgment at Nuremberg), de Stanley Kramer.

Le succès américain se poursuivra en 1964 avec "Topkapi", puis avec deux nouvelles nominations aux Oscars, en 1975 pour "The Man in the Glass Booth" (pas de titre français) puis avec "Julia" en 1977.

En Europe, il s'est illustré derrière la caméra avec "Le juge et son bourreau" (1975), d'après un scénario de l'écrivain suisse Friedrich Dürenmatt, dont il disait qu'il était son meilleur ami.

Maximilian Schell s'est aussi essayé à la mise en scène d'opéra, notamment à Los Angeles à l'invitation de Placido Domingo pour le "Lohengrin" de Richard Wagner (2001) et "Le chevalier à la rose" de Richard Strauss (2005).

Tout au long de sa carrière, il est revenu au théâtre, en Autriche et en Allemagne, mais aussi à Broadway et à Londres. En 2006, il triomphait ainsi dans la capitale britannique dans "Resurrection Blues", une pièce d'Arthur Miller mis en scène par l'Américain Robert Altman.

Depuis les années 90, il apparaissait régulièrement dans des téléfilms en allemand. Il tournait d'ailleurs une émission pour la chaîne publique allemande ZDF quand il est tombé malade, il y a une dizaine de jours dans la station de ski autrichienne de Kitzbühel.

Marié pendant 17 ans à la comédienne russe Natalia Andreïtchenko, dont il a eu une fille, Nastassia, il avait divorcé en 2002.

Il s'était ensuite lié avec la cantatrice allemande Iva Mihanovic, de 48 ans sa cadette, et qu'il a épousée l'été dernier.

Il était encore monté sur scène avec elle en 2012, dans une mise en scène à Munich de l'opérette "L'Auberge du Cheval Blanc".

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