Mauricio Macri remporte l'élection présidentielle en Argentine

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(Actualisé avec Scioli qui concède la défaite, scores actualisés) par Jorge Otaola et Juliana Castilla BUENOS AIRES, 23 novembre (Reuters) - Le candidat de l'opposition libérale Mauricio Macri a été élu dimanche président de l'Argentine en remportant nettement le second tour face à son rival péroniste Daniel Scioli, qui a concédé la défaite. Après dépouillement de 66% des bulletins de vote, Mauricio Macri, maire de droite de la capitale Buenos Aires, était crédité de 53,46% des voix contre 46,54%, une tendance jugée "irréversible" par le président de la commission électorale, Alejandro Tullio. "Le peuple argentin a élu un nouveau président, Mauricio Macri, que je viens de féliciter au téléphone", a déclaré à ses partisans Daniel Scioli, qui avait le soutien de la présidente sortante, Cristina Fernandez. Agé de 56 ans, issu d'une riche famille, Mauricio Macri avait obtenu, lors du premier tour le 25 octobre, le score inattendu de 34,3% des suffrages, tandis que Daniel Scioli était de peu en tête avec 36,9%. "C'est comme un rêve", a réagi Angela Torres, une médecin de 43 ans présent au quartier général de Macri. "Une nouvelle Argentine est en route et tout va aller mieux." Le nouveau président prêtera serment le 10 décembre. Cristina Fernandez achève un double mandat de quatre ans et ne pouvait solliciter un troisième mandat consécutif. Elle a été précédée à la présidence par son défunt mari Nestor Kirchner. La chef de l'Etat laisse un pays profondément divisé entre les classes populaires qui applaudissent les généreux programmes sociaux mis en place par le couple Kirchner et les milieux d'affaires qui dénoncent les nombreux contrôles instaurés sur l'économie du pays, la troisième d'Amérique latine. L'Argentine affiche un important déficit budgétaire, que Cristina Fernandez a financé en émettant des pesos, ce qui a contribué à alimenter une inflation à deux chiffres. Les réserves en devises sont à leur plus bas niveau depuis neuf ans et le pays ne peut se financer sur les marchés obligataires depuis qu'il a fait défaut sur sa dette l'an dernier. Mauricio Macri a promis pendant la campagne électorale d'ouvrir le pays aux capitaux en levant les contrôles sur les changes et le commerce et en mettant fin au bras de fer entre l'Argentine et les détenteurs d'obligations souveraines du pays qui ont rejeté par deux fois, en 2005 et 2010, des rééchelonnements de la dette nationale. L'indice Merval de la bourse de Buenos Aires a grimpé de 25% depuis la performance surprise de Mauricio Macri au premier tour. Cristina Fernandez s'est exprimée plusieurs fois sur les ondes ces dernières semaines pour appeler les électeurs à garantir le maintien des programmes sociaux du gouvernement en faveur de l'éducation, de la santé et des mères pauvres. "Quand je partirai, plaise à Dieu que ne soit pas détruit ce qu'il a fallu des années pour construire", a-t-elle lancé à ses partisans lors d'un récent meeting. (Jean-Stéphane Brosse, Eric Faye et Tangi Salaün pour le service français)

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