Mauricio Macri remporte l'élection présidentielle en Argentine

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MAURICIO MACRI ÉLU PRÉSIDENT DE L'ARGENTINE
MAURICIO MACRI ÉLU PRÉSIDENT DE L'ARGENTINE

par Jorge Otaola et Juliana Castilla

BUENOS AIRES (Reuters) - Le candidat de l'opposition libérale Mauricio Macri a été élu dimanche président de l'Argentine en remportant le second tour face à son rival péroniste de centre gauche Daniel Scioli, qui a concédé la défaite.

Après dépouillement de pratiquement tous les bulletins de vote, Mauricio Macri, maire de droite de la capitale Buenos Aires, était crédité de 51,5% des voix contre 48,5%, un écart qui s'est progressivement réduit dans la soirée sous toutefois inverser la tendance.

"C'est le début d'une nouvelle ère qui doit nous conduire vers la croissance et le progrès dont nous avons besoin", a déclaré le président élu, favori des milieux d'affaires, à ses partisans en liesse.

"C'est comme un rêve", a réagi Angela Torres, une médecin de 43 ans présente au quartier général de Macri sous un déluge de musique latino et de ballons gonflables bleus et blancs, les couleurs du drapeau argentin. "Une nouvelle Argentine est en route et tout va aller mieux", veut-elle croire.

Le nouveau président prêtera serment le 10 décembre.

Âgé de 56 ans, issu d'une riche famille, Mauricio Macri avait obtenu, lors du premier tour le 25 octobre, le score inattendu de 34,3% des suffrages, tandis que Daniel Scioli était de peu en tête avec 36,9%.

"Le peuple argentin a élu un nouveau président, Mauricio Macri, que je viens de féliciter au téléphone", a déclaré à ses partisans Daniel Scioli, qui avait le soutien de la présidente sortante.

Cristina Fernandez achève un double mandat de quatre ans et ne pouvait solliciter un troisième mandat consécutif. Elle a été précédée à la présidence par son défunt mari Nestor Kirchner.

CRISE ÉCONOMIQUE

La chef de l'Etat laisse un pays profondément divisé entre les classes populaires qui applaudissent les généreux programmes sociaux mis en place par le couple Kirchner et les milieux d'affaires qui dénoncent les nombreux contrôles instaurés sur l'économie du pays, la troisième d'Amérique latine.

L'Argentine affiche un important déficit budgétaire, que Cristina Fernandez a financé en émettant des pesos, ce qui a contribué à alimenter une inflation à deux chiffres. Les réserves en devises sont à leur plus bas niveau depuis neuf ans et le pays ne peut se financer sur les marchés obligataires depuis qu'il a fait défaut sur sa dette l'an dernier.

Mauricio Macri a promis pendant la campagne électorale d'ouvrir le pays aux capitaux en levant les contrôles sur les changes et le commerce et en mettant fin au bras de fer entre l'Argentine et les détenteurs d'obligations souveraines du pays qui ont rejeté par deux fois, en 2005 et 2010, des rééchelonnements de la dette nationale.

L'indice Merval de la bourse de Buenos Aires a grimpé de 25% depuis la performance surprise de Mauricio Macri au premier tour.

Cristina Fernandez s'est exprimée plusieurs fois sur les ondes ces dernières semaines pour appeler les électeurs à garantir le maintien des programmes sociaux du gouvernement en faveur de l'éducation, de la santé et des mères pauvres. "Quand je partirai, plaise à Dieu que ne soit pas détruit ce qu'il a fallu des années pour construire", a-t-elle lancé à ses partisans lors d'un récent meeting.

(Jean-Stéphane Brosse, Eric Faye et Tangi Salaün pour le service français)

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