Maurice Lévy dit conserver le soutien du conseil de Publicis

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MAURICE LÉVY DIT AVOIR LE SOUTIEN DU CONSEIL DE PUBLICIS MALGRÉ LA FUSION AVORTÉE AVEC OMNICOM
MAURICE LÉVY DIT AVOIR LE SOUTIEN DU CONSEIL DE PUBLICIS MALGRÉ LA FUSION AVORTÉE AVEC OMNICOM

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Publicis va vraisemblablement faire un geste en direction de ses actionnaires et procéder à des acquisitions d'ampleur plus modérée cette année afin de se remettre en selle après l'échec de son projet de mariage avec l'américain Omnicom.

La fusion avec le numéro deux mondial de la publicité devait permettre au groupe français d'atteindre une taille critique dans un secteur bouleversé en profondeur par l'essor de géants comme Facebook et Google.

Son échec va contraindre le numéro trois mondial de la publicité à trouver des solutions alternatives pour gagner en taille, tout en ramenant au premier plan les questions sur la succession de son dirigeant, qui a dit à Reuters qu'il conservait le soutien de son conseil de surveillance.

"Ils (les membres du conseil) considèrent que nous avons géré les choses comme il le fallait. Ils soutiennent à 250% la décision", a assuré Maurice Lévy, en s'efforçant de rassurer sur les perspectives du groupe.

Publicis prévoit ainsi d'accélérer la mise en oeuvre de son plan stratégique à horizon 2018 qui vise notamment une amélioration de 200 à 400 points de base de la marge, a souligné le dirigeant emblématique de 72 ans, qui a promis d'apporter davantage de précisions sur la stratégie de Publicis en solo pour la publication des résultats du groupe mi-juillet.

Il a d'ores et déjà indiqué que la société envisageait de redistribuer de l'argent à ses investisseurs, un geste qui pourrait être bienvenu pour retrouver la confiance d'actionnaires déboussolés par les aléas de la fusion, estiment analystes et opérateurs de marché.

ACQUISITIONS ET RETOUR AUX ACTIONNAIRES

"C'est finalement plutôt un mal pour un bien car les incertitudes avaient fini par détruire de la valeur. Il faut recréer de la valeur maintenant et ils vont s'excuser auprès des actionnaires en augmentant le dividende ou en procédant à des rachats d'actions", estime un gérant parisien.

Maurice Lévy a par ailleurs reconnu que gagner en taille restait un impératif pour le groupe contraint au cavalier seul.

"La taille compte (...) pour échapper à la dictature des pressions sur les prix", a-t-il expliqué lors d'une conférence avec des analystes.

"Pour le moment, nous n'étudions pas et nous n'avons pas l'intention de faire des acquisitions de grande ampleur", a-t-il ajouté. "Nous avons identifié quelques cibles et c'est sur cela que nous travaillons maintenant de façon prudente."

De l'avis de plusieurs analystes, Publicis, échaudé après l'échec Omnicom, devrait se concentrer sur des opérations de petite à moyenne taille.

"Nous nous attendons à ce qu'il y ait un retour des spéculations sur Interpublic", note toutefois Claudio Aspesi, analyste à Bernstein Research, en faisant référence au numéro quatre mondial du secteur, régulièrement évoqué comme une cible potentielle.

Ce nouveau chapitre pourrait toutefois être écrit par le successeur de Maurice Lévy, qui a précisé que le conseil remettrait en route en septembre le processus de désignation de son remplaçant.

"Pour ma part, je travaillerai avec le conseil pour les aider à prendre les décisions", a déclaré le dirigeant, qui restera à la tête de Publicis jusqu'à la fin de son mandat l'an prochain.

(Avec Alexandre Boksenbaum-Granier)

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  • mxlib le vendredi 9 mai 2014 à 19:10

    Bonne nouvelle : le siège social reste en France

  • pbenard6 le vendredi 9 mai 2014 à 17:05

    un soutien à combien de millions d'euros par an?