Maurice Fréchuret récompensé par le Prix Pierre Daix

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Maurice Frechuret en 2010.
Maurice Frechuret en 2010.

L’historien d’art a été primé pour « Effacer - Paradoxe d’un geste artistique ». La distinction sacre, chaque année, un livre d’histoire de l’art moderne et contemporain.

A l’heure où l’histoire de l’art, discipline pourtant enrichissante (et aussi pour l’esprit) est souvent réduite dans les gazettes à la rubrique « beaux livres » qu’elles publient rituellement avant les fêtes de Noël, il faut se réjouir du prix Pierre Daix. Doté de 10 000 euros, ce qui est beaucoup, et peu, il a été créé en 2015 par François Pinault. En souvenir, et en hommage, car l’homme d’affaire est capable de cela, de celui qui fut son ami et un de ses initiateurs au monde de l’art.

Résistant et déporté, ancien journaliste communiste, rédacteur en chef des Lettres Françaises, Pierre Daix fut assez proche de Picasso pour en devenir non seulement un compagnon de route, mais aussi un des meilleurs spécialistes de son œuvre. Le prix auquel on a donné son nom récompense cette année un livre qui ne fera pas joli sous le sapin, et c’est tant mieux. Car il pourrait soulever quelques tempêtes sous les crânes : il comporte fort peu d’images, mais beaucoup de réflexion, et, allons-y, offre des mondes à penser.

Ancien directeur du musée Picasso d’Antibes, puis des musées des Alpes-Maritimes, Maurice Fréchuret s’y livre à une réflexion dérangeante. Il ne reproduit pas de jolies images, disait-on, et pour cause : son livre traite de l’effacement. On pense bien sûr au geste du jeune Robert Rauschenberg allant, en 1953, quémander auprès de son glorieux aîné Willem De Kooning un dessin, en lui expliquant qu’il voulait le gommer. « Je vais vous donner quelque chose d’impossible à effa...

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