Matthieu Ricard : « L'inertie constitue un des problèmes de l'environnement »

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Matthieu Ricard.
Matthieu Ricard.

Entretien avec le moine bouddhiste et docteur en génétique cellulaire, de passage à Paris à l’occasion notamment de la COP21.

Matthieu Ricard, moine bouddhiste tibétain, interprète du dalaï-lama, essayiste, philosophe et photographe, vit au Népal depuis les années 1970. De passage à Paris à l’occasion notamment de la COP21, ce docteur en génétique cellulaire alerte sur les désastres qu’apporte déjà le changement climatique. Pourquoi vous intéressez-vous à la COP21 ? Un accord international pour le climat est a priori une affaire complexe, politiquement, économiquement, scientifiquement, stratégiquement. Pourtant cela revient finalement à une seule question, celle de l’égoïsme versus l’altruisme. Si l’on n’a aucune considération pour les générations à venir, on se fiche de ce qui va se passer dans dix ans. Après moi le déluge… Or pour la première fois, le sort des générations futures est entre nos mains. Il y a 10 000 ans, il y avait 5 millions d’humains, aujourd’hui non seulement il y en a 7 milliards, mais la puissance de leurs outils a été décuplée. Notre impact sur la planète est devenu déterminant. Ce n’est pas un point de vue de Bisounours. Nous sommes entrés dans l’anthropocène et nous sommes un peu dépassés par notre pouvoir sur l’environnement. Pourquoi est-il si difficile pour l’homme de reconnaître ses responsabilités ? C’est simple : comme le phénomène est global, il y a une dilution de la responsabilité. Au réveil le matin, je ne me dis pas que je saccage la planète, je n’en ai ni l’intention ni la sensation. Et ces phénomènes sont extrêmement graduels. Si le CO2 était rose et que le ci...

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