Matteo Renzi veut de nouvelles règles budgétaires dans l'UE

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MATTEO RENZI VEUT FAIRE ADOPTER DE NOUVELLES RÈGLES BUDGÉTAIRES DANS L'UE
MATTEO RENZI VEUT FAIRE ADOPTER DE NOUVELLES RÈGLES BUDGÉTAIRES DANS L'UE

MILAN (Reuters) - Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, a réaffirmé vendredi sa volonté de faire adopter par la zone euro de nouvelles règles en matière de déficits budgétaires, en expliquant que le cadre actuel freinait la croissance et l'emploi.

"Des règles centrées sur l'austérité et la rigueur sont une perte de temps si le chômage est multiplié par deux", a dit le chef du gouvernement lors d'une conférence à Milan, ajoutant que l'Italie voulait profiter du second semestre, durant lequel elle assumera la présidence tournante de l'Union, pour favoriser une évolution sur ce point.

"Nous avons besoin de règles qui lient les réformes et la croissance", a-t-il dit.

Ces derniers jours, Matteo Renzi a assuré à plusieurs reprises que l'Italie contiendrait son déficit dans les limites actuelles tout en adoptant des réformes destinées à améliorer la compétitivité de son économie. Il espère ainsi, en apportant la preuve de sa crédibilité, obtenir une flexibilité accrue en matière budgétaire.

"Nous allons expliquer à nos amis de l'UE que nous, qui respectons toutes les règles, nous demandons à changer les règles", a-t-il dit vendredi.

Le déficit public de l'Italie a été contenu en 2012 et 2013 à 3% du produit intérieur brut (PIB), soit précisément le plafond fixé par Bruxelles, mais sa dette publique a continué d'augmenter, atteignant un record à près de 133% du PIB l'an dernier.

Des sources gouvernementales italiennes ont expliqué à Reuters que Rome souhaitait réunir des soutiens à un mécanisme qui permettrait aux pays engageant des réformes favorables à la croissance de bénéficier d'un délai supplémentaire pour ramener leurs finances publiques dans les clous.

Un tel mécanisme a déjà fait l'objet de débats au sein de l'UE mais s'est toujours heurté à l'opposition des pays les plus orthodoxes en matière budgétaire, Allemagne en tête.

Rome espère bénéficier cette année de nouveaux soutiens, parmi lesquels pourrait figurer celui de la France, qui peine à réduire son propre déficit et à convaincre de sa capacité à tenir l'objectif d'un retour à 3% fin 2015.

L'une des questions sans doute difficiles à résoudre sera de savoir si les éventuels délais supplémentaires doivent être accordés au moment de l'annonce des réformes économiques, de leur présentation détaillée ou de leur adoption par le parlement du pays concerné.

(Illaria Polleschi; Marc Angrand pour le service français, édité par Nicolas Delame)

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  • mickae82 le samedi 12 avr 2014 à 12:59

    faut arreter avec le risque de déflation...les petites gens n'arrivent plus au 10 du mois c'est bien que tout est trop cher. si les ventes baissent c que les français ne peuvent plus suivre.

  • M363422 le samedi 12 avr 2014 à 10:43

    Des propos très probants, enfin. Reste à espérer que d'autres pays et surtout la France,viendront renforcer cette analyse face à une Allemagne un peu trop "bornée".. Et surtout qu'une action soit rapidement mise en place pour lutter contre le risque de déflation qui semble de plus en plus préoccupant.Idem pour le niveau de l'euro.

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