Matteo Renzi chargé de former le nouveau gouvernement italien

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LE PRÉSIDENT ITALIEN CHARGE MATTEO RENZI DE FORMER UN NOUVEAU GOUVERNEMENT
LE PRÉSIDENT ITALIEN CHARGE MATTEO RENZI DE FORMER UN NOUVEAU GOUVERNEMENT

par James Mackenzie

ROME (Reuters) - Chargé lundi de former le nouveau gouvernement italien, Matteo Renzi a annoncé qu'il entamerait ses consultations politiques mardi, et a exposé un calendrier de réformes qui doivent être mises en oeuvre avant la fin du mois de mai.

Comme prévu, le président Giorgio Napolitano a confié au secrétaire du Parti démocrate (PD), principale formation de la gauche italienne, la tâche de former le 65e gouvernement italien de l'après-guerre, à l'issue d'une entrevue d'une heure et demie au palais du Quirinal, le siège de la présidence.

"Dans cette situation difficile, je ferai preuve de toute l'énergie et de tout l'engagement dont je suis capable", a déclaré Matteo Renzi, une fois officialisée sa désignation.

"Nous prendrons le temps nécessaire avec la conscience d'un sentiment d'urgence extraordinairement délicat et important, tout en sachant que nous aurons besoin de quelques jours avant d'accepter officiellement ce mandat, puisque nous prenons comme horizon le terme de cette législature (2018)", a-t-il prévenu.

À 39 ans, le maire de Florence, élu triomphalement à la tête du PD en décembre, devient le plus jeune président du conseil italien. Il succède à Enrico Letta, issu de la même formation, dont il a obtenu la démission vendredi.

Pour former son gouvernement, Matteo Renzi devra vraisemblablement parvenir à un accord avec le Nouveau Centre Droit (NCD), le petit parti qui regroupe des dissidents de la droite berlusconienne et participe au gouvernement sortant.

Le maire de Florence soumettra ensuite son gouvernement à un vote de confiance à la Chambre des députés et du Sénat. Les parlementaires se prononceront probablement avant la fin de la semaine.

CALENDRIER DÉTAILLÉ

Même si l'Italie n'est théoriquement plus en récession, puisque son économie a retrouvé la croissance au dernier trimestre de 2013, Matteo Renzi sera confronté à une crise persistante, avec une dette publique de 2.000 milliards d'euros et des millions de chômeurs.

Il a pour le moment présenté peu de propositions concrètes et une proposition de plan pour l'emploi, prévue pour le mois dernier, a été reportée.

Néanmoins, Matteo Renzi a détaillé lundi son calendrier mois par mois. Une réforme électorale sera présentée d'ici la fin du mois, puis suivront une réforme du marché du travail en mars, de la fonction publique en avril et de la fiscalité en mai.

Dans ce contexte, le ministre de l'Économie continuera à jouer un rôle important, et plusieurs noms, généralement indépendants des partis politiques, sont déjà évoqués, parmi lesquels Lucrezia Reichlin, professeur à la London School of Economics, ou Fabrizio Barca, qui était présent dans le gouvernement technocrate de Mario Monti, le prédécesseur d'Enrico Letta.

Matteo Renzi a refusé pour l'instant de fournir des pistes sur la composition de son gouvernement, et a déclaré que son attention se portait "sur le contenu, pas sur les autres questions".

Le futur chef du gouvernement dispose actuellement de la confiance de 52% des Italiens, selon un sondage Ipsos publié lundi par le Corriere della Sera. L'étude ajoute cependant que seuls 31% des Italiens approuvent la méthode, dite de la "staffetta" (le relais), choisie par Matteo Renzi pour faire tomber le gouvernement d'Enrico Letta et parvenir au pouvoir sans élections.

Matteo Renzi séduit avant tout les électeurs du centre gauche et de Forza Italia, le parti de droite recréé par Silvio Berlusconi, mais a plus de mal à séduire les électeurs du Mouvement Cinq Etoiles, le parti antisystème de Beppe Grillo, et, plus préoccupant, ceux du Nouveau Centre Droit.

Henri-Pierre André et Julien Dury pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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