Matteo Renzi calme le jeu avec Bruxelles sur son budget

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MATTEO RENZI PROMET DE RESPECTER LES RÈGLES BUDGÉTAIRES DE L'UNION EUROPÉENNE
MATTEO RENZI PROMET DE RESPECTER LES RÈGLES BUDGÉTAIRES DE L'UNION EUROPÉENNE

par Giselda Vagnoni

ROME (Reuters) - Matteo Renzi a démenti vendredi toute tension entre son gouvernement et l'Union européenne, calmant le jeu après une campagne de presse en Italie dénonçant l'attitude hautaine de Bruxelles vis-a-vis de la politique économique définie par le nouveau président du Conseil.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et celui du Conseil Européen, Herman Van Rompuy, ont déclaré à des journalistes à Bruxelles que tous les pays devaient respecter les engagements communautaires en matière de politique budgétaire.

Ils ont ensuite donné l'impression de rire légèrement alors qu'un journaliste leur demandait si l'Italie pourrait financer par le déficit des mesures destinées à doper la croissance.

Il n'en fallait pas plus à certains journaux italiens pour dénoncer l'arrogance de Bruxelles, une campagne de presse avec laquelle Matteo Renzi a voulu prendre ses distances.

"J'ai trouvé les articles assez éloignés de la réalité", a déclaré le chef du gouvernement italien à la presse après un conseil européen à Bruxelles.

L'Italie respectera ses engagements budgétaires envers l'Union européenne, y compris le "pacte budgétaire" prévoyant une réduction progressive de la dette publique au cours des prochaines années, et ne demandera aucune faveur, a-t-il ajouté.

"Je n'aurai jamais l'attitude de soumission de quelqu'un qui vient à Bruxelles pour quémander", a-t-il ajouté.

UN STYLE SANS DÉTOURS

Le porte-parole d'Herman Van Rompuy, Dirk De Backer, a lui aussi cherché à apaiser les débats en affirmant que les journaux italiens avaient mal interprété des sourires qui n'étaient en rien des ricanements.

"Van Rompuy et Barroso ont simplement voulu se coordonner pour savoir qui allait répondre à ce journaliste", a-t-il dit. "Ces articles de presse ne méritent pas d'autre commentaire."

L'influent quotidien italien Corriere della Sera était allé jusqu'à parler de gifle et d'insulte.

La réaction peut-être excessive de la presse italienne n'en illustre pas moins un véritable débat sur le style sans détours de Matteo Renzi et la manière dont il est perçu par les institutions européennes.

Le nouveau président du Conseil a ainsi pu irriter Bruxelles en qualifiant mercredi d'anachronique l'encadrement du déficit budgétaire à 3% du produit intérieur brut fixé par l'Union européenne, tout en assurant que Rome se plierait aux règles européennes.

En 2012, l'Italie s'est engagée à réduire son excès de dette publique par rapport au plafond de 60% du PIB fixé par Bruxelles au rythme d'un vingtième par an, soit un peu plus de trois points de PIB.

Matteo Renzi a annoncé la semaine dernière une baisse de dix milliards d'euros de l'impôt sur le revenu au profit des contribuables les plus modestes ainsi qu'une réduction des prélèvements sur les sociétés.

La Commission européenne a pris acte de ces annonces tout en rappelant au gouvernement italien qu'il lui fallait respecter les règles européennes.

(Giselda Vagnoni, Marc Angrand et Patrick Vignal pour le service français)

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