Mattarella élu à la présidence en Italie, Renzi triomphe

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(Ajoute date de la prestation de serment, visite, éléments biographiques) par Steve Scherer et Paolo Biondi ROME, 31 janvier (Reuters) - Le juge Sergio Mattarella, candidat soutenu par le président du Conseil Matteo Renzi, a été largement élu samedi à la présidence de la République italienne au terme du quatrième tour de scrutin. Magistrat de 73 ans qui siégeait jusqu'à présent à la Cour constitutionnelle, il a été choisi par 665 des 1.009 grands électeurs comme douzième chef de l'Etat italien depuis la Seconde Guerre mondiale, le premier à être originaire de Sicile. La majorité simple (505 voix) était suffisante pour être élu alors que les deux tiers des voix étaient nécessaires aux trois premiers tours. "Ma première pensée va aux difficultés et aux espoirs de nos compatriotes", a déclaré Sergio Mattarella à l'annonce de son élection. Il s'est rendu ensuite sur le site du massacre des Fosses ardéatines, où 335 civils furent tués par les troupes d'occupation allemandes en 1944. Lors de cette visite, il a appelé l'Europe à combattre le terrorisme de la même manière que les Alliés s'étaient regroupés pour combattre "la haine, le racisme, l'antisémitisme et le totalitarisme nazis". Peu connu du grand public, le magistrat sicilien a été chaleureusement applaudi par les grands électeurs. Il devrait prêter serment mardi à 10h00 (09h00 GMT) pour un mandat de sept ans et succéder à Giorgio Napolitano, qui a démissionné ce mois-ci en invoquant ses 89 ans. DIVISIONS AU SEIN DE FORZA ITALIA Le nouveau chef de l'Etat a la réputation d'être un homme réservé même s'il s'est fait remarquer pour son franc-parler lorsqu'au début des années 1990, il avait démissionné de son poste de ministre de l'Education pour protester contre un décret favorable à l'empire médiatique de Silvio Berlusconi. Il avait entamé une carrière politique moins de dix ans plus tôt, après l'assassinat de son frère par Cosa Nostra, la mafia sicilienne. Si le poste de président de la république est largement protocolaire, l'élection a permis à Matteo Renzi de démontrer son autorité au sein de son propre parti et sa capacité à rassembler une majorité susceptible de soutenir les réformes qu'il veut entreprendre pour sortir l'économie italienne de l'ornière dans laquelle elle est plongée depuis six ans. L'élection de Sergio Mattarella a divisé Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Accusant Matteo Renzi d'avoir trahi sa promesse de prendre en compte son avis sur le choix du candidat à la présidence, l'ancien président du Conseil a ordonné aux élus de son parti de voter blanc. Mais plus de trente députés ont refusé de suivre les consignes du "Cavaliere". Renato Brunetta, le chef du groupe parlementaire Forza Italia à la chambre des députés, a estimé que le pacte scellé l'an dernier entre Renzi et Berlusconi sur les réformes constitutionnelles était rompu mais quelques-uns de ses collèguers se sont montrés moins catégoriques. Silvio Berlusconi, lui, ne s'est pas exprimé publiquement à ce sujet. (Jean-Philippe Lefief, Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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