Matisse, superstar d'une exposition géante à Nice

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MATISSE À L'HONNEUR À NICE
MATISSE À L'HONNEUR À NICE

par Matthias Galante

NICE (Reuters) - Plus de 700 oeuvres du maître du fauvisme Henri Matisse et de divers artistes qui l'ont influencé ou se sont inspirés de son travail sont présentées tout l'été dans une exposition géante à Nice, où le peintre a vécu pendant près de 40 ans.

L'exposition, qui s'ouvre vendredi, est déclinée à travers huit musées municipaux de la ville et propose notamment une pièce monumentale encore jamais montrée au public.

"La Tristesse du Roi", un tableau géant de 1952 en papiers gouachés se référant à la toile de Rembrandt "David jouant de la harpe devant Saül" est visible derrière une épaisse vitre à l'entrée du Musée Matisse, qui fête son 50e anniversaire.

"Cette ?uvre est considérée comme la Joconde de Matisse", explique l'ancien ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, commissaire général de l'événement. "On ne peut d'ailleurs la transporter que dans un cadre de protection spécial et avec de très strictes mesures de sécurité."

La valeur de ce trésor de l'histoire de l'art est tellement élevée "qu'il a été assuré par la ville pour une valeur de 50 millions d'euros", a déclaré à des journalistes le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi.

L'exposition réunit des oeuvres - tableaux, sculptures ou photos - de Matisse (1869-1954) provenant des musées les plus prestigieux comme le MoMA de New York, la National Gallery de Washington ou encore le Centre Georges-Pompidou à Paris.

L'une des autres grandes curiosités de cette exposition est "La Piscine", une céramique en pierre de lave émaillée jamais exposée - elle appartenait à Claude Duthuit, le petit-fils de l'artiste -, qui occupe 15 mètres sur deux murs dans une pièce spécialement construite pour l'occasion.

PALMIERS, PALMES ET PALMETTES

Représentant des nageuses bleues sur un fond blanc et marron, elle n'avait pas été réalisée du vivant de Matisse, qui s'était contenté de différentes feuilles de papier gouaché accrochées dans son appartement au Régina à Nice.

Sa production enjouée et spectaculaire n'a cependant pas le monopole des cimaises niçoises.

Huit thèmes différents sont déclinés pour compléter son ?uvre, allant de Gustave Moreau, ancien professeur de Henri Matisse à l'école nationale des beaux-arts de Paris, Picasso, ou encore Raoul Dufy à des choses beaucoup plus inattendues.

À travers le thème "Palmiers, palmes et palmettes" conçu par Jean-Jacques Aillagon lui même en hommage aux nombreux palmiers de Nice peints par Matisse, les organisateurs jouent sur l'effet de surprise avec, par exemple, la présence de la Palme d'or de Maurice Pialat obtenue en 1987 au Festival de Cannes.

On y trouve aussi un palmier-sculpture électrique ponctué d'ampoules de couleur, signé Yto Barrada.

Au Mamac, musée d'art moderne et contemporain, on plonge cette fois dans la postérité de l'artiste grâce à des tableaux directement inspirés et détournés de son style, ses couleurs et son trait si particulier.

En particulier "La Danse", à la façon du super-héros l'homme-araignée, ou encore les poissons rouges qu'il aimait peindre, concrétisés cette fois dans un bassin lumineux rempli pour le coup de véritables poissons rouges.

"Nice 2013. Un été pour Matisse" sera visible jusqu'au 23 septembre à Nice.

Edité par Yves Clarisse

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