Matignon pessimiste sur les chances de Petroplus

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LES CHANCES DE TROUVER UN REPRENEUR POUR PETROPLUS SERAIENT LIMITÉES
LES CHANCES DE TROUVER UN REPRENEUR POUR PETROPLUS SERAIENT LIMITÉES

ROUEN/PARIS (Reuters) - Les chances de trouver un repreneur pour la raffinerie de Petroplus Petit-Couronne (Seine-Maritime) sont "limitées", juge-t-on lundi soir à Matignon après une rencontre entre des conseillers de Jean-Marc Ayrault et l'intersyndicale du site.

"C'est un dossier difficile, sur lequel l'Etat s'est beaucoup mobilisé mais les chances de succès sont limitées", a-t-on expliqué dans l'entourage du Premier ministre.

"Nous avons évoqué comment serait financé un plan social dans l'hypothèse où le tribunal ne jugerait aucune offre crédible", a-t-on poursuivi.

La rencontre entre les syndicats et le gouvernement intervient à moins de 24 heures de la limite légale pour déposer des candidatures au rachat d'un site devenu emblématique des difficultés de l'industrie française.

Arrêtée en janvier 2012, la raffinerie a été placée en redressement judiciaire après le dépôt de bilan du groupe suisse Petroplus puis a été, à plusieurs reprises, autorisée à poursuivre son activité par le tribunal de commerce de Rouen.

Les syndicats refusent pour le moment la perspective d'un plan social et se disent déterminés à trouver un repreneur.

"Il y a trois, quatre propositions qui sont encore en état d'être déposées demain, donc la position de l'intersyndicale c'est de continuer jusqu'au dernier moment et tant qu'on pourra sur une reprise industrielle du site", a déclaré à la presse le porte-parole de l'intersyndicale, Yvon Scornet.

Ce dernier a déploré, après plus de deux heures de discussions à Matignon, la décision du gouvernement de ne pas donner suite à la marque d'intérêt de la société iranienne Tadbir Energy.

Intéressée par une reprise de la raffinerie, l'entreprise iranienne est frappée par des sanctions internationales qui interdisent de commercer avec elle.

"Il n'y aura pas de proposition iranienne demain", a concédé le syndicaliste qui a aussi critiqué le manque de volontarisme du gouvernement.

"Où est votre projet industriel?", a-t-il demandé à l'intention du gouvernement, précisant qu'il savait d'ores et déjà que "l'Etat ne sera pas le repreneur du site".

Yvon Scornet a indiqué que le gouvernement avait commencé des discussions avec Royal Dutch Shell, l'ancien propriétaire du site, afin d'évoquer une possible participation financière de la multinationale au financement d'un plan social.

"Le gouvernement a annoncé qu'il discutait avec Shell", a-t-il rapporté, ajoutant que des actions en justice étaient envisagées du côté syndical contre le groupe pétrolier.

Après réception mardi des offres de reprise, les administrateurs provisoires de la raffinerie doivent rendre leurs conclusions sur la validité des offres au tribunal de commerce.

Ce dernier devra alors à trancher entre l'arrêt du site et un plan social ou autoriser un repreneur à racheter la raffinerie.

Marc Parrad et Julien Ponthus, édité par Guy Kerivel

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