Mathieu Valbuena, indispensable sans le revendiquer

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MATHIEU VALBUENA, MENEUR DE JEU MODESTE DES BLEUS
MATHIEU VALBUENA, MENEUR DE JEU MODESTE DES BLEUS

par Gregory Blachier

CLAIREFONTAINE, Yvelines (Reuters) - Mathieu Valbuena est devenu en quelques mois un joueur essentiel de l'équipe de France mais le meneur de jeu marseillais, dont la carrière n'a rien de linéaire, refuse toujours de se voir comme un titulaire installé en Bleu.

Malgré 19 sélections seulement à 28 ans, Valbuena fait figure de joueur d'expérience puisqu'ils ne sont que six à compter plus de sélections que lui parmi les 24 convoqués pour affronter la Géorgie puis l'Espagne en qualifications pour la Coupe du monde 2014.

Titulaire à six reprises lorsque Laurent Blanc était à la tête des Bleus - notamment en Allemagne et en Bosnie, deux matches considérés comme les meilleurs du mandat de l'ancien défenseur -, il n'avait pas disputé une minute à l'Euro 2012.

L'arrivée de Didier Deschamps, son ex-entraîneur à l'OM, n'a pas immédiatement changé la donne mais Valbuena a su se rendre important, grâce notamment à une demi-heure très intéressante après son entrée en jeu au match aller à Madrid, en octobre.

Il avait disputée cette trentaine de minutes comme meneur de jeu et c'est dans cette position qu'il a commencé les deux matches suivants, en Italie puis face à l'Allemagne. A chaque fois, il a convaincu. A chaque fois, il a été buteur.

Ces performances font-elles de lui un indéboulonnable, voire un leader ? Valbuena, qui reconnaît avoir eu du mal à accepter son statut à l'Euro, avance prudemment.

"Je ne sais pas... Après, par rapport à là où j'ai été situé, les matches que j'ai joués, le fait d'être titulaire donne des responsabilités", a-t-il dit mercredi en conférence de presse.

"Quand on a fait appel à moi, je pense que généralement ça s'est plutôt bien passé. Après c'est vrai, j'ai eu des déceptions (...) mais c'est comme ça, il faut se remettre à travailler."

ÊTRE PLUS DÉCISIF

Celui que les Girondins de Bordeaux n'ont pas conservé lorsqu'il était adolescent, qui est passé par le National avant de signer à l'OM où il a dû repartir de zéro à chaque changement d'entraîneur, y est habitué.

Encore aujourd'hui, il dit toute sa "fierté" d'être en équipe de France et encore plus d'en être le meneur, ce poste qu'il "affectionne énormément".

"C'est quelque chose que je n'aurais jamais pu imaginer (...) jouer en dix, c'est très fort, c'est des responsabilités que j'avais vraiment envie de tenir", a-t-il souligné.

Vendredi au Stade de France, contre la Géorgie, il pourrait se retrouver sur le flanc droit parce que Deschamps semble pencher pour un système à deux attaquants face à un adversaire qui jouera son va-tout défensif.

Il pourrait aller s'asseoir sur le banc si le sélectionneur lui préférait Moussa Sissoko, utilisé dans un rôle très offensif depuis son arrivée cet hiver à Newcastle.

Valbuena n'en prend pas ombrage et assure de pas revendiquer de place ou de statut.

"C'est comme ça. Pour progresser, évoluer, il faut toujours se remettre en question, pas se reposer sur ses lauriers", a-t-il dit. "Par rapport à là d'où je suis arrivé, là où je suis passé, je n'ai pas à me reposer sur mes lauriers."

Et les pistes de progression sont claires dans sa tête.

"Que ça soit à Marseille ou en sélection, ce qu'on me demande c'est d'être décisif, de faire jouer mes partenaires. Et je pense que là ou je peux progresser encore, c'est marquer plus de buts", dit-il.

Les deux inscrits pour ses deux derniers matches en Bleu confirment qu'il est en train de s'installer.

édité par Pascal Liétout

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