Mary Barra préoccupée par les accusations portées contre GM

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WASHINGTON (Reuters) - La directrice générale de General Motors Mary Barra a déclaré mardi devant une commission du Congrès avoir jugé "inquiétants" les propos d'employés du groupe ayant dit que des questions de coût avaient pu décourager GM de remplacer promptement les systèmes d'allumage défectueux qui auraient fait au moins 13 morts.

Mary Barra, lors d'une déposition prononcée sous serment devant la commission du Commerce et de l'énergie de la Chambre des représentants, a annoncé que GM avait choisi Kenneth Feinberg comme consultant pour étudier les réponses à apporter aux familles des blessés ou des morts dans des accidents impliquant les voitures ayant fait l'objet d'un rappel.

C'était la première fois qu'un responsable de General Motors évoquait l'éventualité de la mise en place d'un fonds de compensation des victimes, comme le demandent de nombreux groupes de consommateurs et des élus démocrates aux Congrès.

Depuis le mois de février, GM a rappelé 2,6 millions de véhicules en raison des défauts d'allumage pouvant provoquer la coupures de contact inopinées, parfois en pleine course, rendant les airbags, les freins et la direction assistée inopérants.

Kenneth Feinberg est reconnu pour son traitement d'affaires de compensation liée aux attentats du 11 septembre 2001, la marée noire de BP dans le Golfe du Mexique et du double attentat à la bombe lors du Marathon de Boston l'an dernier.

"PAS ACCEPTABLE"

Sur l'une des questions les plus délicates de l'enquête du Congrès, les députés ont demandé à Mary Barra comment General Motors avait pu insérer des systèmes d'allumage dans ses voitures dont il savait qu'ils n'étaient pas parfaitement conformes aux spécifications techniques de la société.

"Il y a une différence entre une pièce qui n'est pas conforme aux spécifications et une pièce défectueuse", a répondu Mary Barra.

Interrogée sur la question de savoir si le système d'allumage était acceptable du point de vue de la sécurité et de la fonctionnalité, elle a dit: "Comme nous le savons bien aujourd'hui, il ne l'est pas."

Lors de ces dépositions devant la Chambre de représentants mardi et du Sénat mercredi, le Congrès cherche à savoir qui est responsable de la mort de plus de 13 personnes en dix ans.

Les élus démocrates ont souligné mardi dans une note écrite que General Motors n'avait pas alerté les autorités fédérales sur une "grande majorité" des 133 problèmes de sécurité signalés sur des dispositifs d'allumage de ses véhicules.

"Alors que GM recevait toutes ces plaintes de la part d'utilisateurs, l'entreprise a continué à nier toute défaillance", lit-on dans la note des démocrates siégeant à la commission du Commerce et de l'énergie de la Chambre.

"A ce jour, GM n'a pas signalé la grande majorité de ces incidents" à l'agence de sécurité routière, poursuit-elle.

Henry Waxman, un démocrate qui siège à la Commission, a dit pendant l'audition que la législation devait être améliorée afin de s'assurer que de tels problèmes ne se reproduiront pas.

Le président de la commission, le républicain Fred Upton a dit pour sa part : "Avec une machine de deux tonnes à grande vitesse, la marge d'erreur est de zéro; la sécurité des produits est une question de vie ou de mort. Malheureusement, la sécurité des véhicules n'a pas été assurée."

(Richard Cowan, Ben Klayman et Eric Beech, Patrick Vignal et Juliette Rouillon pour le service français, édité par)

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