Martine Aubry sur les pas de Sarkozy dans la Creuse rurale

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par Elizabeth Pineau

GUERET, Creuse (Reuters) - Galvanisée par la perspective d'un possible duel avec Nicolas Sarkozy au printemps 2012, Martine Aubry était mardi dans la Creuse sur les pas du président français, dont elle a fustigé les promesses non tenues.

La maire de Lille, qui est arrivée dimanche en seconde position derrière François Hollande au premier tour de la primaire socialiste en vue de la présidentielle de 2012, avec 30,7% des voix, a défendu dans ce département rural une "République qui doit être la même partout et pour tous, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui".

Au-delà du duel à distance avec le chef de l'Etat, Martine Aubry a lancé une opération de séduction à destination du monde rural, dont les voix lui ont fait défaut dimanche dernier, au profit de son concurrent François Hollande.

En Creuse, le député de la Corrèze voisine a par exemple recueilli 56% des suffrages, contre 19% pour elle et 16% pour le député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg.

A son arrivée dans le village de Saint-Sulpice-Le Guéretois, elle a attaqué de front un Nicolas Sarkozy dont "les promesses n'engagent que lui" et qui "va nous expliquer qu'il aime la ruralité, lui le maire de Neuilly".

Elle a visité l'hôpital de Guéret, en passe de récupérer son service de radiologie fermé pendant un an et dont la maternité est menacée. Applaudie par le personnel soignant, elle s'est engagée à augmenter le nombre d'infirmières.

Elle a repris son thème fétiche de la "gauche forte", confiante pour le deuxième tour de la primaire malgré ses huit points de retard sur François Hollande.

"GAUCHE FORTE"

"Dimanche, une majorité s'est exprimée pour une gauche forte et moi je pense incarner cette gauche forte", a-t-elle dit.

"J'ai dit ce que je voulais et c'est le contraire de la gauche molle", a souligné l'élue, qui juge son positionnement compatible avec les idées d'Arnaud Montebourg, "troisième homme" du premier tour avec 17% des suffrages.

"Dimanche, il faudra choisir quelle présidence et quel projet pour la France, et bien je pense que sur les deux questions, je suis la femme qu'il faut", a-t-elle ajouté.

Elle s'est déclarée satisfaite de préparer "à la rencontre des Français", le débat de mercredi soir sur France 2 avec François Hollande. "Pour le reste, je pense avoir un bagage assez épais pour répondre à ce grand oral".

Accueillie à la mairie par quelque 400 personnes réunies aux cris de "Martine présidente", elle a dit son attachement à la campagne, rappelant que, bien que née à Paris, elle venait "des deux côtés de familles d'agriculteurs".

Entourée de Michel Vergnier, maire socialiste de Guéret, et du secrétaire national à l'Agriculture Germinal Peiro, "qui sera notre ministre de l'Agriculture, c'est le seul poste que j'ai donné", elle a promis de s'attaquer aux marges dans la grande distribution, tout en s'engageant à mettre en place des circuits courts dans l'agriculture, un smic agricole et des services publics à la campagne.

Malgré près de 20 points à rattraper pour atteindre la majorité dimanche, l'entourage de Martine Aubry se montrait confiant, martelant que la dynamique est de son côté, même si le résultat risque d'être serré.

"Il y a un scénario qui peut faire que ce soit ric-rac", a dit à quelques journalistes son bras droit, François Lamy.

A ceux qui pensent que l'Elysée préférerait avoir à faire à la maire de Lille plutôt qu'à François Hollande, il réplique "Je pense qu'ils pensent l'inverse".

A ses yeux, la candidate "a le bénéfice de la constance, un tempérament et un caractère qui permettent de montrer très clairement les choses". Quant à la mise en place des 35 heures du temps où elle était ministre du Travail, "c'est une des réformes les plus populaires en France".

Edité par Yves Clarisse

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