Martine Aubry signe un réquisitoire contre Hollande et Valls

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    * "Trop, c'est trop", pour les signataires d'une tribune 
    * L'inventaire des "reculs" de l'exécutif 
    * Aubry ne s'était jamais livrée à une telle charge 
 
    PARIS, 24 février (Reuters) - Plusieurs personnalités de 
gauche, parmi lesquelles Martine Aubry, signent un réquisitoire 
contre la politique menée par François Hollande et Manuel Valls 
qui risque selon elles d'entraîner un "affaiblissement durable 
de la France". 
    "Trop, c'est trop", peut-on lire dans cette tribune parue 
mercredi dans Le Monde et signée entre autres par l'écologiste 
Daniel Cohn-Bendit, le socialiste Benoît Hamon, l'économiste 
Daniel Cohen et la maire de Lille. 
    Depuis 2012, Martine Aubry a régulièrement fait entendre une 
voix dissonante au sein de la majorité mais elle ne s'était 
jamais livrée à une telle charge.   
    Dans ce texte, les signataires dressent un inventaire des 
"reculs" imputés au gouvernement, du pacte de responsabilité au 
projet de réforme du Code du travail en passant par le "désolant 
débat sur la déchéance de nationalité". 
    "Depuis quelques mois, (les) désaccords se sont mués en une 
grande inquiétude", écrivent les signataires. "Ce n'est plus 
simplement l'échec du quinquennat qui se profile, mais un 
affaiblissement durable de la France qui se prépare, et bien 
évidemment de la gauche, s'il n'est pas mis un coup d'arrêt à la 
chute dans laquelle nous sommes entraînés." 
    "Bien sûr, nous n'oublions pas les succès de la COP21, la 
priorité donnée à la lutte contre les inégalités à l'école, les 
avancées de la loi santé. Mais, à côté de cela, que de reculs 
!", peut-on lire. 
     
    "L'INDÉCENT DISCOURS DE MUNICH" 
    Outre le pacte de responsabilité ou l'extension de la 
déchéance de nationalité contre lesquels une partie de la gauche 
s'était déjà dressée, les auteurs de la tribune reprochent à 
Manuel Valls d'avoir plaidé, lors d'un récent déplacement en 
Allemagne, pour une réduction du flux de réfugiés vers l'Europe. 
    "Par une regrettable accélération du temps, la semaine 
dernière, ce fut la meurtrissure de l'indécent discours de 
Munich, à propos des réfugiés. Se revendiquer d'une liberté de 
ton n'autorise pas tout", dénoncent-ils. 
    Le projet de loi de réforme du Code du travail, que doit 
présenter Myriam El Khomri lors du conseil des ministres du 9 
mars, constitue à leurs yeux le dernier casus belli en date.     
    "L'avant-projet de loi dit 'El Khomri' a provoqué non plus 
de la déception, mais de la colère ! C'est toute la construction 
des relations sociales de notre pays qui est mise à bas en 
renversant la hiérarchie des normes, et en privilégiant l'accord 
dans l'entreprise", fustigent les signataires. 
    "Il n'y a ni vraie réforme ni social dans nombre de 
politiques qui sont menées depuis deux ans. On y trouve des 
propositions puisées dans le camp d'en face, qui n'ont rien de 
moderne, et qui sont inefficaces", ajoutent-ils. 
    "Que le patronat institutionnel porte ces revendications, 
pourquoi pas (...). Mais qu'elles deviennent les lois de la 
République, sûrement pas ! Pas ça, pas nous, pas la gauche !", 
écrivent-ils encore. 
    L'avant-projet de loi de Myriam El Khomri, dont les grandes 
lignes ont été dévoilées la semaine dernière, a commencé à faire 
réagir les syndicats, réunis mardi soir pour réfléchir à une 
éventuelle riposte.   
    Parmi les signataires de la tribune publiée dans le Monde 
figurent également le sociologue Michel Wieviorka, les 
socialistes Laurence Dumont, Yann Galut, Jean-Marc Germain et 
Bruno Julliard ou le généticien Axel Kahn.  
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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