Martine Aubry passe la main à Harlem Désir au PS

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TOULOUSE (Reuters) - Martine Aubry s'est dépeinte samedi en "vieux sage" à l'heure de transmettre les rênes du Parti socialiste à son successeur Harlem Désir, enjoignant les militants réunis au congrès de Toulouse à parler d'une seule voix pour soutenir l'exécutif.

Dans un discours très applaudi, la maire de Lille s'est réjouie de passer le flambeau à l'ancien président de SOS Racisme, qu'elle a décrit en homme de convictions et européen convaincu.

"Harlem est d'abord un militant, et pour moi quand je dis militant, c'est majeur. C'est l'essentiel. Des convictions accrochées au coeur", a-t-elle dit à la tribune.

"Pour les Français, Harlem c'est l'homme qui a commencé à parler de la lutte contre le racisme au moment où personne n'en parlait. Et je vous assure que ce combat il va falloir le reprendre."

L'ancienne première secrétaire a par ailleurs appelé le camp socialiste à ne pas prêter le flanc aux accusations de cacophonie formulées par l'opposition et à faire bloc derrière Jean-Marc Ayrault et ses ministres.

"Ne cédons pas à la tentation d'haranguer le gouvernement, de l'enjoindre de faire telle ou telle réforme le plus rapidement possible", a-t-elle souligné.

"Je le dis aussi peut-être, j'exagère un peu, comme un vieux sage. Non, pas encore aussi vieux que cela, mais quand même. Nos réactions, nos idées, nos convictions, passons-les aux ministres directement, ou par le Parti socialiste. Arrêtons de parler dans la presse. Les Français ne comprennent plus rien. Ils ont besoin de nous voir comme un seul bloc", a-t-elle ajouté.

La majorité est critiquée par la droite, une partie de la presse et de son propre camp après ce qui est vu comme des flottements ou des reculs sur certains dossiers - droit de vote des étrangers, mariage homosexuel ou prévision de déficits pour 2013.

"Bien sûr il y a d'autres réformes à faire, elles seront faites. Et comptez aussi sur ma voix pour faire en sorte qu'elles ne soient pas oubliées", a encore dit Martine Aubry, laissant entendre qu'elle se considérait désormais comme une simple militante.

"Il faut d'abord rester militant. Mi-li-tant. Il ne faut jamais rien escompter pour soi-même, c'est moi qui vous le dit. Il faut se donner sans compter", a-t-elle ajouté

Jean Décotte, édité par Thierry Lévêque

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