Martine Aubry organise sa succession pas à pas à la tête du PS

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MARTINE AUBRY PREND LE TEMPS D'ORGANISER SA SUCCESSION AU PS
MARTINE AUBRY PREND LE TEMPS D'ORGANISER SA SUCCESSION AU PS

par Gérard Bon

LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - Martine Aubry ne veut pas laisser derrière elle un "parti godillot" et dit avoir encore "un petit peu de travail" à faire pour organiser sa succession à la tête du Parti socialiste français en octobre.

La première secrétaire, qui laisse de plus en plus clairement entendre qu'elle ne briguera pas un nouveau mandat, réclame "un peu de patience" à ceux qui ont hâte de connaître le nom de son successeur.

"J'ai encore un petit peu de travail pour m'assurer que le PS sera dans de bonnes mains et va sur les rails. Mais les choses avancent bien", a-t-elle dit vendredi soir en marge de l'université d'été du PS, à La Rochelle.

"Si tout avance comme je le crois, je passerai la main".

Martine Aubry a rappelé que les motions en vue du congrès devaient être déposées d'ici au 12 septembre et que la personnalité qui "figurera en tête" de son texte de rassemblement "aura toutes les chances d'être le premier secrétaire".

La question de la succession de Martine Aubry apparaît en filigrane des retrouvailles des socialistes qui, en moins d'un an, ont conquis tous les pouvoirs et sont invités à "épauler" le gouvernement, confronté à une rentrée difficile.

Ministres et dirigeants du parti animent ateliers et séances plénières, au risque de laisser penser que cette traditionnelle rencontre militante sur le port de Charente-Maritime s'est muée en séminaire gouvernemental.

Lors d'une rencontre avec des journalistes au Muséum d'histoire naturelle qu'elle affectionne, la maire de Lille a réfuté l'idée que le PS puisse devenir une courroie de transmission de l'exécutif.

"Nous ne sommes pas un parti godillot, ce n'est pas dans nos gènes", a-t-elle dit en opposant la "culture du débat" des socialistes au "caporalisme", selon elle, de l'UMP.

"ÉCLAIRER L'AVENIR"

"Epauler, ça ne veut pas dire aboyer tous ensemble", a-t-elle ajouté, expliquant que le parti devait aussi servir à "éclairer l'avenir".

Entourée de sa garde rapprochée, la maire de Lille a évoqué un peu plus clairement son probable départ au congrès d'octobre, tout en continuant à entretenir un certain suspense.

Après avoir annoncé au printemps son intention de passer la main, Martine Aubry a en effet évoqué des "conditions" à son départ qu'elle s'est bien gardée de révéler à l'exception du rajeunissement des équipes.

Priée de donner le profil de son successeur, elle n'a pas répondu. Celle qui a vu Matignon lui échapper au profit de Jean-Marc Ayrault n'aurait pas apprécié de voir des proches du président François Hollande s'agiter pour mettre la main sur le parti.

Pour nombre de cadres du parti, elle voudrait donc peser jusqu'au bout sur sa succession.

Martine Aubry a par exemple coupé l'herbe sous le pied des "Hollandais" le mois dernier en présentant une contribution commune avec Jean-Marc Ayrault en vue du congrès, au risque de paraître vouloir verrouiller le débat.

Cadres et ministres ont été invités à signer ce texte de "rassemblement" à l'exclusion de tout autre et la quasi totalité des écuries ministérielles et des dirigeants se sont pliés à l'exercice.

François Rebsamen, le président du groupe PS au Sénat, a confirmé vendredi au site internet du Journal du dimanche qu'il n'envisageait pas de postuler à la succession de Martine Aubry.

Harlem Désir, le numéro 2 du parti, a répété pour sa part qu'il serait candidat si l'actuelle première secrétaire renonçait à briguer un nouveau mandat.

Le député Jean-Cristophe Cambadélis, qui avait manifesté son intérêt pour le poste, reste discret mais fait toujours partie des prétendants.

édité par Patrick Vignal

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