Martine Aubry mise en examen dans le dossier de l'amiante

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MARTINE AUBRY MISE EN EXAMEN DANS LE DOSSIER DE L'AMIANTE
MARTINE AUBRY MISE EN EXAMEN DANS LE DOSSIER DE L'AMIANTE

PARIS (Reuters) - L'ancienne dirigeante du Parti socialiste Martine Aubry a annoncé mardi soir, à sa sortie du pôle de santé du tribunal de grande instance de Paris, qu'elle avait été mise en examen dans le dossier de l'amiante.

Elle n'a pas précisé le motif de cette mise en examen, dont ses avocats vont réclamer l'annulation.

Convoquée chez la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy, la maire de Lille est visée dans le volet administratif du dossier, visant à déterminer les responsabilités de l'administration française dans le retard pris pour interdire l'amiante, à l'origine de cancers du poumon.

De 1984 à 1987, Martine Aubry était directrice des relations du travail, un poste chargé notamment d'édicter les réglementations pour la protection des travailleurs.

Avant même l'issue de l'audition, ses avocats, Mes Yves Baudelot, Marie-Laure Barré et Christian Charrière-Bournazel se disaient "stupéfaits de voir que ceux qui ont consacré la plus grande partie de leur vie à protéger les droits de nos concitoyens, soient mis en examen ou susceptibles de l'être, et non entendus comme témoins."

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a vivement critiqué la convocation de Martine Aubry.

"Cette convocation en vue d'une mise en examen et non comme témoin est particulièrement choquante et incompréhensible", a-t-il estimé dans un communiqué. "Je tiens à exprimer, en mon nom et au nom du Parti socialiste, ma plus profonde solidarité envers Martine Aubry."

La Cour de Justice de la République a mis hors de cause, par une décision du 7 décembre 2000, 13 anciens ministres de l'Industrie et du Logement dans le dossier de l'amiante, ont-ils souligné.

Après une décision marquante en Italie, en février dernier, les associations de victimes de l'amiante et un syndicat de magistrats avaient demandé l'accélération des poursuites pénales visant les ravages d'une fibre qui fait des milliers de morts par an en France.

Une juridiction de Turin a condamné l'ancien propriétaire du groupe suisse Eternit, spécialisé dans les matériaux de construction en amiante, et l'actionnaire belge de sa filiale italienne à seize ans de prison pour négligence ayant entraîné au moins 2.000 décès.

Cette décision a attisé l'amertume des associations de victimes en France qui ont vu en décembre la cour d'appel de Paris annuler la mise en examen pour "homicides involontaires" de Joseph Cuvelier, qui fut directeur général puis président du directoire d'Eternit France entre 1972 et 1994.

Gérard Bon et Myriam Rivet, édité par Guy Kerivel

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