Martine Aubry défend une position d'équilibre sur les Roms

le
1
MARTINE AUBRY DÉFEND UNE POSITION D'ÉQUILIBRE SUR LES ROMS
MARTINE AUBRY DÉFEND UNE POSITION D'ÉQUILIBRE SUR LES ROMS

LILLE (Reuters) - La maire de Lille, Martine Aubry, a regretté lundi que le démantèlement de deux camps de Roms le 9 août dans sa métropole se soit fait sans propositions de relogement, mais s'est refusée à critiquer l'action du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

Les associations ont reproché ces derniers jours au gouvernement de ne pas avoir tenu la promesse électorale de François Hollande de lier les démantèlements de camps à l'assurance de "solutions alternatives".

Depuis, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a décidé de réunir mercredi plusieurs ministres, dont Manuel Valls et Cécile Duflot (Logement) sur la délicate question des Roms, qui divise à gauche.

Selon David Assouline, le porte-parole du PS, "l'engagement de François Hollande sera tenu dans toute la mesure du possible".

"Des solutions alternatives vont être décidées dans les heures, dans les jours qui viennent", a-t-il dit lundi lors d'un point de presse.

Revenant sur les expulsions du 9 août, Martine Aubry a assuré lors d'une conférence de presse que la communauté urbaine menait une politique d'intégration des Roms "exemplaire".

"Cela fait longtemps que nous avons une politique volontaire d'accueil dans la métropole, nous avons commencé un an avant le discours de Grenoble" de Nicolas Sarkozy en juillet 2010, a-t-elle dit.

Interrogée sur un éventuel différend avec Manuel Valls, évoqué samedi par la presse, Martine Aubry a répondu: "Je ne vais pas répondre sur les rumeurs de caniveau".

Elle n'en a pas moins critiqué la méthode: "Je regrette que ces évacuations se soient faites dans ces conditions, dans l'urgence, sans solution de relogement".

L'évacuation des campements illicites d'Hellemes et de Villeneuve d'Ascq a été réclamée par la communauté urbaine et l'Etat, qui en sont respectivement propriétaires.

Martine Aubry a justifié cette demande par la détérioration de la situation. "Les riverains étaient victimes de vols et de rackets et il y avait des problèmes d'insalubrité", a-t-elle expliqué.

"Mais maintenant, nous travaillons à trouver une solution. Il y a une urgence à trouver un terrain pour ces familles et on travaille en ce sens main dans la main avec le préfet de région", Dominique Bur, a-t-elle dit.

Michel-François Delannoy, premier vice-président de Lille Métropole, a expliqué qu'environ 3.000 Roms vivaient dans la métropole lilloise, qui compte quatre villages d'insertion.

Six villages similaires devraient voir le jour dans les prochains mois, sans compter les terrains aménagés.

Martine Aubry a estimé que Lille Métropole devrait pouvoir héberger 1.500 Roms et a dit compter sur la solidarité d'autres villes de la région, qui compte quatre millions d'habitants.

Fanny Bertrand; avec Gérard Bon à Paris, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • csanta le lundi 20 aout 2012 à 20:25

    et qu'en pensent les habitants de Lille? on en tient compte?