Martine Aubry appelle au rassemblement de la gauche

le
0
    * Un meeting commun avec Jean-Christophe Cambadélis 
    * L'unité, "condition de la réussite" en 2017 
    * Manuel Valls pris à contre-pied 
 
    par Pierre Savary 
    LILLE, 17 septembre (Reuters) - Martine Aubry, parfois 
critique à l'égard de l'exécutif socialiste, et Jean-Christophe 
Cambadélis ont lancé samedi un appel au rassemblement des 
gauches lors d'un meeting organisé sur les terres de la maire de 
Lille. 
    Elle n'a toutefois pas précisé autour de qui devait se faire 
cette union de la gauche en vue de la présidentielle de l'an 
prochain. 
    "Quand j'entends qu'il y a deux gauches irréconciliables, 
moi je ne les ai jamais rencontrées, cela me choque et me blesse 
profondément", a déclaré Martine Aubry lors de cette réunion 
publique, la première des "universités de l'engagement". 
    "Je serai toujours, inlassablement, une militante du 
rassemblement de la gauche. C'est une des conditions de 
réussite", a ajouté l'ancienne ministre de Lionel Jospin, 
associée à la frange du Parti socialiste parfois hostile au 
gouvernement de Manuel Valls. 
    En février, elle a par exemple co-signé dans le journal Le 
Monde un réquisitoire contre la politique menée par le tandem 
François Hollande-Manuel Valls, dans lequel elle dénonçait les 
orientations économiques de l'exécutif, la réforme du Code du 
travail et le projet d'étendre la déchéance de nationalité. 
   
    Tout en affichant sa volonté de faire l'union dans son camp, 
Martine Aubry a pris à contre-pied le Premier ministre, qui a 
théorisé ces derniers mois les divergences entre des gauches 
"irréconciliables".      
    Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a 
fait écho aux appels à l'unité lancés samedi. "La France, a-t-il 
affirmé, a besoin de la gauche, de toutes les forces de gauche. 
Nous avons besoin de construire un front des progressistes 
contre le bloc réactionnaire. On ne fait rien de beau et de 
grand si on n'est pas rassemblé." 
    La maire de Lille a exhorté le futur candidat socialiste à 
la présidentielle de 2017 à faire l'inventaire du quinquennat 
Hollande: "Le PS, a-t-elle dit, va devoir avoir le courage de 
dire les difficultés rencontrées en arrivant au pouvoir, de 
parler de ses succès et de reconnaître les échecs." 
     
    PAS L'HEURE DES SOUTIENS 
    Elle a insisté sur l'état du pays en 2012 - "dette qui 
s'envole, déficits passés au rouge, chômage en hausse, perte de 
compétitivité, mauvaise balance extérieure"  - mais aussi sur 
les réussites du gouvernement qu'elle souhaite voir mises en 
avant - "lutte contre le terrorisme", "réforme de la santé", 
"politique de l'éducation redevenue une priorité".     
    "Le PS doit être porteur de fraternité, laissons à la droite 
le discours d'opposition entre les Français, nous devons être le 
parti de la fraternité, la République c'est la fraternité, c'est 
l'attention aux autres dans le respect des règles." 
    Candidate malheureuse à la primaire socialiste de 2011, 
Martine Aubry a par ailleurs dit "ne pas avoir envie de revivre 
un 21 avril", faisant allusion à l'élimination de Lionel Jospin 
dès le premier tour de la présidentielle de 2002. 
    Pour 2017, le casting n'est pas encore connu: la primaire 
socialiste n'aura lieu qu'en janvier et François Hollande n'a 
encore rien dévoilé de ses intentions.  
    "Nous ne sommes pas au temps des soutiens. Le temps est aux 
idées, au projet puis ce sera la primaire et chacun dira alors 
ce qu'il a à dire. Nous avons une chance de gagner par ce que 
nous serons capables de porter un projet porteur d'espoir et 
d'avenir", a jugé Martine Aubry. 
    Le rendez-vous de samedi, dans la banlieue de Lille, 
constituait la première des "universités de l'engagement", 
censées remplacer l'université d'été de La Rochelle annulée 
cette année pour des raisons de sécurité. 
    Les ministres Patrick Kanner, Najat Vallaud-Belkacem, 
Laurence Rossignol et Emmanuelle Cosse ont participé à ces 
rencontres, closes par les discours de Jean-Christophe 
Cambadélis et Martine Aubry. 
 
 (Edité par Simon Carraud) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant