Martin Fourcade : " Plus qu'une marche à monter pour le Grand Chelem "

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Titré à quatre reprises à Oslo, dont trois titres en individuel, Martin Fourcade nous a confié qu'il se sentait fort sur ses skis ce jeudi lors de l'individuelle. Un titre qui lui permet de viser ouvertement le Grand Chelem lors de la Mass Start dimanche. Mais, avant, il souhaite offrir une médaille à toute l'équipe de France lors du relais masculin samedi.

Martin Fourcade, quatre titres mondiaux, est-ce que vous réalisez ?
C’est génial, je me régale. Ce sont forcément des moments rêvés et c’est super. Ensuite, on est vraiment dans l’excitation, ça passe d’une action à l’autre donc on a peu le temps de se poser et de réaliser. On en profite avant toute chose.

Après le tir où vous avez fait une faute, qu’est-ce qui vous est passé par la tête ?
Je savais que c’était encore jouable, je me sentais fort sur les skis donc je n’ai pas lâché l’affaire. Je savais qu’il y avait encore moyen de performer, d’être devant. J’avais bien sûr commis une erreur, bien sûr que ça pouvait m’être préjudiciable. Mais j’ai continué dans la même dynamique, je ne me suis pas trop dispersé à cause de cette erreur.

Dans le quatrième tour, vous avez grandement accéléré le rythme, vous avez réduit l’écart intermédiaire après intermédiaire, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Etait-ce une stratégie préméditée, vous êtes-vous dit qu’il fallait attaquer à ce moment-là ou bien est-ce venu comme ça ?
C’est une entrée de course offensive et, ensuite, il fallait essayer de faire parler mon point fort sur cette course, qui était le ski, en essayant de ne pas trop me pénaliser sur le tir. Du coup, il y avait une minute de retard sur mes adversaires à rattraper et je savais qu’il fallait aborder ce dernier tour dans une situation où j’étais au moins à leur niveau ou même un peu devant. Ça a été une grosse bataille dans le dernier tour.

Le Grand Chelem, devenu un objectif par la force des choses

Est-ce qu’il y a une forme d’adrénaline, d’excitation à se dire que vous restez dans le coup pour réaliser ce bel objectif qui est le Grand Chelem ?
Clairement. J’avais envie de gagner cette course aujourd’hui (jeudi) uniquement pour ça, pour me retrouver dans cette situation. Ça va être quelque chose de totalement nouveau pour moi, que je ne connais pas et j’ai simplement envie de vivre ça.

La pression que vous allez avoir, vous pouvez vous en nourrir...
C’est l’idée. C’est déjà l’idée d’arriver dans cette position. Ensuite, d’y arriver ou pas, ça changera beaucoup de choses mais j’aurai vécu cette aventure-là et ça sera forcément quelque chose de super enrichissant pour moi en tant que sportif mais aussi en tant que personne. C’est à ça que je suis super attentif.

On a l’impression que, jusqu’à présent, vous n’osiez pas trop parler de ce Grand Chelem, ce sont les autres qui en parlaient. Mais, là, une barrière a été franchie et vous dites « Le Grand Chelem, j’y crois maintenant »...
C’est ce que j’ai dit précédemment. Aujourd’hui (jeudi), c’était sans doute la course la plus dure à gagner. L’individuelle, la troisième... Aujourd’hui, tout est possible, peut-être que j’y arriverai, peut-être que je n’y arriverai pas mais, en tout cas, je suis en position de le faire, ce qui n’était pas le cas jusque-là. On se mettait à rêver d’un Grand Chelem alors qu’on n’était pas encore à la moitié. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’une marche à monter, qui est la plus dure, comme toujours. Mais il n’y en a plus qu’une à monter et, du coup, je me prends forcément au jeu et j’ai envie d’y penser.

Récupérer pour offrir une médaille à l’équipe de France en relais

Quel va être le programme d’ici samedi ? Essayer de peut-être pas se reposer mais de décompresser, de se remettre dans sa bulle car vous êtes très sollicité sur place ?
Demain (vendredi), ça va être une journée un peu tranquille, je vais essayer de prendre du temps pour moi où je n’aurai pas de sollicitations et, forcément, le but aujourd’hui est de récupérer un maximum parce qu’on sera trente au départ de la Mass Start dimanche et que, sur ces trente athlètes, il y en a vingt-neuf qui auront à coeur de me faire descendre de mon petit nuage et, surtout, il y en a vingt-neuf qui auront été moins sollicités que moi pendant ces Mondiaux et, ça, ça va forcément compter dans le résultat. C’est vraiment à moi de faire le maximum pour récupérer et pour être dans la meilleure condition possible dimanche.

On sent que les Autrichiens sont revenus aujourd’hui (jeudi). En vue du relais, ça promet avec aussi les Norvégiens qui vont être vraiment revanchards...
Je crois qu’il y a cinq nations qui se dégagent sur ce relais. Il y a les Norvégiens qui se dégagent clairement de toutes les autres, c’est l’équipe favorite, l’équipe à battre. S’ils sont à leur niveau, ils seront difficiles à attraper. On est ensuite quatre nations vraiment favorites, la Russie, l’Allemagne, l’Autriche et la France. Ça serait génial pour l’équipe, génial pour les copains qui méritent aussi cette récompense sur ces Mondiaux. On est une belle équipe et on a à coeur de le montrer.

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