Marseille attire les touristes malgré sa réputation violente

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LA RÉPUTATION D?INSÉCURITÉ N?A PAS ENTAMÉ LE SUCCÈS DE MARSEILLE, CAPITALE EUROPÉENNE DE LA CULTURE 2013
LA RÉPUTATION D?INSÉCURITÉ N?A PAS ENTAMÉ LE SUCCÈS DE MARSEILLE, CAPITALE EUROPÉENNE DE LA CULTURE 2013

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Plus de 10 millions de visiteurs sont attendus en 2013 dans la région de Marseille désignée capitale européenne de la culture, un rendez-vous sur lequel mise la deuxième ville de France pour redorer son image ternie par une violence endémique.

A un peu plus de cent jours de la fin de l'événement, tous les indicateurs économiques sont au vert.

"Cette année est catastrophique pour le tourisme partout en France, sauf ici où l'on s'en sort particulièrement bien grâce au label capitale européenne de la culture", a déclaré mardi le président de Bouches-du-Rhône tourisme, Daniel Conte.

Au total, 6,3 millions de visiteurs ont déjà participé aux différentes manifestations labellisées depuis le lancement de l'opération, le 12 janvier. Dans le seul département des Bouches-du-Rhône, on a atteint le seuil des huit millions de touristes habituellement recensés sur une année et on en escompte au moins deux millions de plus d'ici fin 2013.

"On a réalisé tous nos objectifs annuels. Le reste, ce n'est que du rab", résume un professionnel du tourisme.

Ce succès stimule l'économie locale et l'industrie hôtelière, qui a enregistré 1,9 millions de nuitées de mai à juillet, soit une hausse de 10% par rapport à 2012. La clientèle internationale se taille la part du lion avec une augmentation de 13% pour "seulement" 9% de hausse des visiteurs français.

"Dans le pays d'Arles, on s'est mis au taïwanais et au coréen", sourit Christian Mourisard, président de la Fédération régionale des offices du tourisme.

Avec 60% des manifestations culturelles programmées sur son territoire, Marseille tire son épingle du jeu en étant le "premier récepteur de touristes du département". Autrefois ville de passage, la cité phocéenne devient ville de tourisme avec notamment un doublement de la durée des séjours.

MARSEILLE VEUT ALLER PLUS LOIN

La deuxième ville de France, durement frappée par la crise, compte sur un retour sur investissement comparable à celui de Lille en 2004 avec six euros récoltés par l'économie locale pour un euro investi, soit 600 millions d'euros.

La cité phocéenne mise aussi sur l'événement pour renvoyer une image plus positive que celle véhiculée par le débat sécuritaire régulièrement alimenté par les règlements de comptes sanglants sur le pavé marseillais.

"Manifestement, les touristes n'ont guère été impressionnés par les titres multiples mettant en exergue les seuls problèmes d'insécurité", dit le maire, Jean-Claude Gaudin. "Au contraire, ils ont vu la beauté de Marseille et repartent enchantés."

Pour Jacques Pfister, président de la chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence, mais aussi président de l'association MP 2013 en charge de l'organisation culturelle de l'événement, "les préjugés défavorables sont beaucoup plus présents en France qu'à l'étranger".

Il estime cependant qu'il faut aller plus loin pour changer l'image de violence véhiculée par la ville et pour développer davantage son attractivité économique.

"Toutes les capitales de la culture ne l'ont pas fait, certaines comme Gênes se sont arrêtées en chemin. Nous voulons faire partie de ces territoires qui ont eu un 'après-événement'. Ce n'est pas si évident", dit-il.

Sur le territoire Marseille-Provence, près d'un milliard d'euros ont été investis dans le financement d'infrastructures culturelles. L'exemple le plus significatif reste le Musée des Civilisations d'Europe et de Méditerranée (MuCEM), créé en complémentarité avec le musée du Quai Branly, qui a attiré plus d'un million de visiteurs depuis son ouverture le 4 juin.

Initiative de Melina Mercouri, alors ministre grecque de la Culture, le titre de capitale européenne de la culture a été lancé en 1985 afin de favoriser le rapprochement des peuples.

Edité par Yves Clarisse

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  • olyve54 le mercredi 25 sept 2013 à 19:45

    Ha bon alors tout va bien finalement ! vive taubira vive les socialopes