Maroc-Les islamistes du PJD ont remporté les législatives

le , mis à jour à 15:07
0
 (Actualisé tout du long) 
    par Aziz  El Yaakoubi et Patrick Markey 
    RABAT, 8 octobre (Reuters) - Les islamistes modérés du Parti 
justice et développement (PJD), au pouvoir depuis cinq ans, ont 
remporté les élections législatives organisées vendredi au 
Maroc, juste devant le Parti authenticité et modernité (PAM), 
considéré par certains comme étant trop proche du palais royal. 
    Le PJD a remporté 125 sièges, le PAM 102 et Istiqlal, le 
parti de la lutte pour l'indépendance, 46 sièges, selon les 
résultats définitifs fournis par le ministère de l'Intérieur 
samedi. 
    Les élections pour la Chambre des représentants étaient un 
test de pour la monarchie constitutionnelle marocaine, cinq ans 
après que le roi a accordé des pouvoirs limités à un parlement 
élu dans la foulée du "printemps arabe". 
    Selon le système électoral marocain, aucun parti ne peut 
obtenir la majorité absolue des suffrages d'une chambre qui 
compte 395 sièges. Cela suppose que le vainqueur du scrutin doit 
former un gouvernement de coalition. 
    Le roi, qui détient encore les rênes du pouvoir, choisit un 
Premier ministre issu des rangs du parti vainqueur des 
élections. 
    "Le peuple marocain a massivement voté pour le PJD", a dit à 
des journalistes le Premier ministre sortant Abdelilah 
Benkirane. 
    Un autre groupe islamiste, Justice et Bienfaisance ainsi que 
des partis de gauche ont boycotté le scrutin en guise de 
protestation contre l'emprise du roi sur le pouvoir. 
     
    DIFFICILE COALITION 
    Depuis sa désignation comme chef du gouvernement en 2011, 
Abdelilah Benkirane, leader du PJD, a entrepris des réformes 
économiques pour réduire le déficit budgétaire et limiter les 
subventions publiques. Le parti a également fait des efforts 
dans la lutte contre la corruption. 
    "Le PJD a démontré aujourd'hui qu'en étant sérieux et digne 
de confiance mais aussi fidèle aux institutions, en particulier 
la monarchie, il était le ticket gagnant", a commenté Benkirane 
devant la presse. 
    Le PAM, fondé par un ami proche de Mohamed VI désormais 
conseiller du palais, tentait de se présenter comme une 
alternative libérale aux islamistes. 
    Ses adversaires ont fait valoir qu'il bénéficiait du soutien 
de la classe dirigeante marocaine, peu favorable à un partage du 
pouvoir avec les représentants du PJD et qui souhaite limiter 
l'influence de ce dernier. 
    "Nous espérions plus de sièges mais notre projet moderniste 
a bien marché en dépit des attaques", a commenté Khalid Adnoun, 
porte-parole du PAM. "Il n'y aura pas d'alliance avec le PJD. 
S'ils forment une coalition, nous serons dans l'opposition", 
a-t-il ajouté. 
    Pendant ses premières années de pouvoir, le PJD a fait 
alliance avec l'Istiqlal mais les conservateurs ont choisi de se 
retirer en 2013 pour protester contre les réformes économiques 
qui pénalisaient le pouvoir d'achat. 
    Un quatrième parti, le Rassemblement national de 
l'indépendance (RNI), qui faisait partie de la coalition 
sortante et qui a obtenu 37 sièges, a indiqué qu'il ne 
souhaitait pas prolonger le partenariat avec les islamistes. 
    Les autres petits partis ne disposent que de quelques 
sièges. Cela devrait rendre délicate la constitution d'une 
coalition. 
      
 
 (Aziz El Yaakoubi et Patrick Markey; Benoît Van Overstraeten et 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant