Mark Mobius juge la période propice pour un retour sur les émergents

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(NEWSManagers.com) - Le pionnier de l'investissement sur les marchés émergents ne semble pas particulièrement inquiet des turbulences récentes sur les marchés émergents. De passage à Paris à la veille du week-end, Mark Mobius, qui gère plusieurs dizaines de milliards de dollars sur les émergents chez Franklin Templeton, se montre plutôt confiant. " Les marchés émergents ont surperformé depuis le début de l'année et sur le long terme, les statistiques montrent bien l'écart de performance en faveur des émergents. Sur les dix dernières années, on ne compte que trois années de contre-performance" , a souligné Mark Mobius.

En outre, relève le gérant, les marchés baissiers sur les émergents ne durent généralement pas très longtemps, en moyenne 14 mois alors que les marchés émergents haussiers durent en moyenne 69 mois. Avec une baisse moyenne limitée à 57% contre une hausse de 423%. La période est donc probablement propice à un retour sur les émergents, d'autant plus que les sociétés des marchés émergents se négocient à 10,1 fois les bénéfices contre près de 15 fois pour le monde. On connaît par ailleurs l'argumentaire sur la solidité des fondamentaux dans l'univers émergents.

Les préoccupations légitimes qu ont pu agiter la communauté des investisseurs ces derniers mois devraient être mises en perspective. La Chine par exemple vient d'adopter un plan quinquennal riche de perspectives. " C'est une révolution. Avec son programme en dix points, la Chine va se mettre à l'économie de marché" , souligne Mark Mobius qui estime également que le vent de la réforme devrait aussi souffler en Inde et au Brésil.

Et le ralentissement de la croissance économique chinoise n'est pas non plus très inquiétant. L'effet de base aidant, la richesse continue de croître à grande vitesse. En 2010, lorsque la Chine affichait une croissance de 10%, l'économie enregistrait un gain de 844 milliards de dollars. L'an dernier, avec un ralentissement à 7,7%, le gain pour l'économie a atteint 986 milliards de dollars.

Les marchés frontières, qui représentent 10% environ des encours émergents et qui affichent des besoins énormes, offrent également un potentiel considérable. Mark Mobius donne actuellement la préférence à l'Arabie saoudite, au Nigeria et au Qatar, avec une préférence marquée pour le secteur bancaire, devant les télécommunications et l'énergie.

Reste que si le plaidoyer pour les émergents est très séduisant, l'environnement, qui demeure pour le moins instable, exige une gestion très active. " Nous sommes dans un marché de stock pickers" , lance Mark Mobius qui déconseille le recours aux ETF dans un tel contexte. Mark Mobius est à la tête de quelque 45 milliards de dollars d'actifs, un encours en légère augmentation depuis le début de l'année.

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