« Marius »:  c½urs fendus et vies brisées

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Orane Demazis et Pierre Fresnay dans "Marius", de Marcel Pagnol. (1931)
Orane Demazis et Pierre Fresnay dans "Marius", de Marcel Pagnol. (1931)

Cette tragédie populaire, magnifiée par la mise en scène d’Alexandre Korda, ressort en salles dans une version superbement restaurée.

La partie de cartes, bien sûr. Même si on n’a pas vu Marius, film marseillais mis en scène par un Hongrois stipendié par un studio hollywoodien, on la connaît, ne serait-ce que parce qu’on en a lu la parodie dans Le Tour de Gaule d’Astérix. Et c’est vrai qu’elle drôle, dominée par la formidable force comique de Raimu, soutenue par l’onctuosité de Charpin dans le rôle de Panisse, par la magnifique insignifiance de Robert Vattier dans celui de Monsieur Brun. Le texte de la pièce de Marcel Pagnol, la première de sa trilogie marseillaise, va de fait à l’encontre de ce morceau de bravoure. Marius n’est pas de la partie de manille, il est l’enjeu de la pièce, l’être aimé qui ne veut ni du désir de Fanny (Orane Demazis) ni de l’amour paternel de César. Il veut larguer ces attaches pour prendre la mer. C’est une histoire triste, rendue encore plus triste par le soleil qui la baigne. Immense succès sur scène, Marius a été créé en 1929, au moment où le cinéma se met à parler. En 1932, il ne se trouve pas encore un producteur français pour prendre le risque de porter à l’écran une pièce aussi longue que Marius. C’est l’Américain Robert Kane, dépêché par la Paramount, qui met le film en chantier. Pagnol ne connaît rien au cinéma, et la réalisation est confiée à Alexander Korda. Ce cinéaste hongrois appartient à la tribu des errants, qui tournent aussi bien à Berlin qu’à Paris, à Hollywood qu’à Vienne. L’année suivante il s’installera à Londres et deviendra l’un des piliers du cinéma bri...

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