Marisol Touraine relance le débat sur les "salles de shoot"

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RELANCE DU DÉBAT SUR LES "SALLES DE SHOOT"
RELANCE DU DÉBAT SUR LES "SALLES DE SHOOT"

PARIS (Reuters) - La droite et l'extrême droite ont condamné lundi les propos de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, qui a dit espérer que des salles de consommation de drogue, dites "salles de shoot", soient expérimentées sous peu.

"J'espère (...) que des expérimentations pourront être annoncées avant la fin de l'année", a déclaré dimanche Marisol Touraine, sur BFM TV, précisant que des communes de droite comme de gauche souhaitaient y participer.

La déclaration de la ministre, qui avait déjà effectué une annonce semblable fin août, a été attaquée lundi par l'UMP et le Front national, qui la rapprochent des propos tenus il y a huit jours par Vincent Peillon, le ministre de l'Education nationale, en faveur d'un débat sur la dépénalisation du cannabis.

Dans un communiqué, Camille Bedin, secrétaire nationale de l'UMP, qualifie d'"ineptie" l'ouverture de salles de consommation de drogue, qui reviendrait, selon elle, "à encourager et à organiser la consommation de drogues illégales".

"Une semaine après les propos irresponsables de Vincent Peillon sur le cannabis, c'est au tour de Marisol Touraine", écrit-elle. "Ouvrir des salles de shoot, c'est organiser méthodiquement par l'Etat la consommation de stupéfiants alors que les forces de l'ordre luttent quotidiennement contre tous les trafics."

"APPROCHE DOGMATIQUE"

Marine Le Pen, présidente du FN, a jugé que la mesure défendue par Marisol Touraine était "moralement inadmissible" et serait "dramatique sur le plan moral, dramatique sur le plan politique, dramatique sur le plan sanitaire".

"Entre ça et les déclarations de Vincent Peillon sur la dépénalisation du cannabis, on a de quoi s'inquiéter des cours de morale laïque qui vont être donnés à nos enfants dans les écoles", a-t-elle dit sur RTL.

L'opposition est cependant divisée sur la question des "salles de shoot", plusieurs personnalités comme Hervé Morin, président du Nouveau Centre et Roselyne Bachelot, ancienne ministre UMP de la Santé, s'étant, par le passé, déclarées en leur faveur.

Plusieurs personnalités classées à gauche, et favorables à la mesure, également décrite comme l'ouverture de "salles de consommation à moindre risque" (SCMR), ont salué l'annonce de Marisol Touraine.

Jean-Marie Le Guen, député socialiste de Paris, qui avait demandé en août à la ministre d'autoriser l'ouverture des salles, estime dans un communiqué que Marisol Touraine rompt avec "l'approche dogmatique" adoptée, selon lui, par la droite, lorsqu'elle était au pouvoir.

"Toutes les expérimentations menées à l'étranger ont permis de réduire considérablement les risques d'overdoses et de transmission du VIH, d'assurer une plus grande tranquillité publique, d'améliorer la prise en charge des toxicomanes et de les accompagner vers le sevrage", fait-il valoir.

Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Île-de-France apparenté socialiste et président de l'associations des Elus locaux contre le sida, a félicité sur le réseau social Twitter la ministre pour son "courage" et juge qu'il s'agit d'une "décision de santé publique".

Julien Dury, édité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

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