Marisol Touraine défend la généralisation du tiers payant

le
0
MARISOL TOURAINE DÉFEND LA GÉNÉRALISATION DU TIERS PAYANT
MARISOL TOURAINE DÉFEND LA GÉNÉRALISATION DU TIERS PAYANT

PARIS (Reuters) - La ministre de la Santé Marisol Touraine a défendu jeudi la généralisation du tiers payant chez le médecin d'ici 2017, mesure phare de son projet de loi santé, face aux critiques des médecins qui s'inquiètent d'une banalisation de l'acte médical et d'un surcroît de démarches administratives à leurs dépens.

Annoncée l'an dernier, cette mesure, promesse de campagne de François Hollande, permet aux patients de ne pas avancer d'argent lors d'une consultation médicale.

Appliqué actuellement aux seuls bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et de l'Aide médicale d'Etat (AME), le dispositif concernera dès l'an prochain les bénéficiaires de l'Aide pour une complémentaire santé (ACS) avant d'être généralisé à l'ensemble des assurés d'ici 2017.

"La généralisation du tiers payant est une avancée pour les patients, ça ne change en rien l'exercice des professionnels de santé", a assuré Marisol Touraine lors de la présentation des grandes orientations du projet de loi, à Paris. "La façon dont ils portent leur exercice, dont ils conçoivent la relation avec leur patient n'est pas affectée".

Une réponse aux critiques formulées par les syndicats de médecins qui estiment que l'application de cette mesure se fera à leurs dépens.

Le président de la confédération syndicale des médecins de France (CSMF) Jean-Paul Ortiz pointe notamment le risque d'une déresponsabilisation du patient et d'une banalisation de l'acte médical qui pourrait se traduire par une dérive consumériste.

"IRRESPONSABLES"

Un argument battu en brèche par la ministre qui assure que le tiers payant n'aura pas d'impact sur la consommation des soins.

"Je refuse l'idée de Français qui seraient irresponsables, Je ne crois pas qu'il y ait des malades imaginaires du 21e siècle", a-t-elle dit.

Le projet de loi santé, dont de nombreuses mesures restent à préciser ou font encore l'objet d'arbitrages, sera présenté en septembre en Conseil des ministres avant d'être débattu au Parlement début 2015.

L'instauration pour les enfants d'un médecin traitant, une mesure qui n'est pour l'heure obligatoire qu'à partir de 16 ans, et la généralisation de messages de prévention tout au cours du parcours scolaire, devraient figurer dans le texte.

La mise en place d'un code couleur sur les emballages des aliments, afin d'identifier plus facilement leur qualité nutritionnelle, est quant à elle à l'étude au grand dam de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) dont le président a adressé une lettre au ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll début juin, selon Le Monde.

"Des débats existent", a reconnu jeudi Marisol Touraine, qui assure qu'aucune décision n'a été prise.

Enfin, concernant les pistes évoquées dans la lutte contre le tabac, notamment l'interdiction de cigarettes électroniques ou la mise en place de paquets de cigarette neutres, elle seront dévoilées lors de la présentation du plan national de réduction du tabagisme prévu avant l'été.

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant