Mario Draghi juge la reprise dans la zone euro lente et fragile

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FRANCFORT (Reuters) - La reprise économique dans la zone euro se fait très lentement et reste sujette à des risques, estime le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, dans une interview publiée jeudi par le Wall Street Journal.

Même si les marchés financiers sont plus stables qu'il y a encore quelques mois, il est difficile de dire si la crise de la dette de la région est terminée, note le président de la BCE.

"La reprise se déroule très lentement et demeure sujette à des risques baissiers", a dit Mario Draghi au WSJ. "Il est difficile de dire si la crise est terminée."

Dans une interview distincte accordée au Frankfurter Allgemeine Zeitung (Faz) à paraître vendredi, Mario Draghi relève des signaux positifs en Europe depuis la dernière réunion de politique monétaire de la BCE, malgré une "incertitude (qui) demeure élevée".

Il souligne que l'inflation était maîtrisée et exclut le risque de voir la zone euro connaître une décennie perdue similaire à celle traversée par le Japon.

"Ce qui me rend confiant, ce sont les réformes qui ont été lancées en Europe ces quatre à cinq derniers mois", a dit Mario Draghi au Faz.

Mario Draghi, qui a succédé à Jean-Claude Trichet en novembre et a démarré son mandat par un abaissement des taux directeurs, a assuré que les opérations de financement illimité à trois ans proposées par la BCE ne posaient aucun risque pour l'inflation.

"Il n'y a aucun signe de tendance inflationniste dans la zone euro, bien au contraire. Et s'il devait y avoir un signe d'inflation à venir, nous disposons des instruments par lesquels absorber la liquidité en peu de temps", a-t-il souligné.

Il a toutefois fait savoir que la BCE ne prévoyait pas d'assouplir davantage ses règles en matière de garantie et que leur durcissement serait une prochaine étape plus probable.

La BCE n'a pas du tout racheté d'obligations souveraines la semaine dernière, surprenant le marché en suspendant son programme de rachat de titres pour la première fois depuis sa réactivation début août.

"Les marchés sont encore vulnérables, alors nous devons être très prudents pour ce qui est d'annoncer la fin d'un tel instrument", a toutefois dit Mario Draghi au Faz.

Sakazi Suoninen et Marc Jones, Natalie Huet pour le service français

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