Mario Draghi fait la leçon aux dirigeants européens

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MARIO DRAGHI FAIT LA LEÇON AUX DIRIGEANTS DE LA ZONE EURO SUR LE COÛT DU TRAVAIL
MARIO DRAGHI FAIT LA LEÇON AUX DIRIGEANTS DE LA ZONE EURO SUR LE COÛT DU TRAVAIL

par Luke Baker

BRUXELLES (Reuters) - Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), a dispensé jeudi soir, en marge du sommet de Bruxelles, un cours magistral sur le coût du travail aux 17 chefs d'Etats et de gouvernements de la zone euro, a-t-on appris auprès de responsables européens.

Pendant les deux heures de leçon, Mario Draghi, ancien professeur d'économie et de sciences politiques, a mis l'accent sur l'écart de plus en plus important dans certains pays entre le coût du travail et la productivité.

"C'était une présentation très claire qui a souligné que l'écart était en train de s'accroître, en particulier dans des pays comme l'Italie et la France", a dit un diplomate de la zone euro qui a eu connaissance de la réunion.

"Draghi a essentiellement dit: 'il y a deux manières de réduire cet écart, soit en diminuant le coût du travail, soit en améliorant la productivité' et il a expliqué que plus cet écart était important, moins grande était la marge de manoeuvre pour l'amenuiser", a-t-il ajouté.

Un autre responsable européen a rapporté que le cours avait constitué un "rappel à la réalité" pour les dirigeants de la zone euro, mais qu'il avait été bien accueilli, malgré son heure tardive (23 heures) et la masse de graphiques et de tableaux qui a été remise aux participants.

"A un moment, l'un des Premiers ministres a fait part de ses préoccupations quant à la hausse du coût unitaire du travail dans son pays, et a demandé à son homologue portugais d'évoquer la manière dont il avait abordé le problème", a raconté le responsable.

Angela Merkel, la chancelière allemande, a jugé la leçon utile et a rapporté que Mario Draghi avait concentré ses propos sur la manière "d'améliorer notre compétitivité".

Un troisième responsable européen a confirmé que le président de la BCE avait insisté sur "l'importance de ce qu'il appelle les 'trois c', la compétitivité, la confiance et le crédit".

Mario Draghi, qui a enseigné à l'université de Florence, a donné plus tôt dans la journée une version abrégée de sa leçon à l'ensemble des 27 dirigeants de l'Union européenne, qui ont également assisté à un discours sur la productivité de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne.

José Manuel Barroso a souligné que la baisse du coût du travail et l'amélioration de la productivité pouvaient contribuer à une hausse des exportations et a expliqué comment des pays comme l'Irlande, le Portugal et l'Espagne avaient transformé l'an dernier leurs déficits courants en excédents.

Avec Andreas Rinke et John O'Donnell; Julien Dury pour le service français, édité par Nicolas Delame

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  • M9566237 le vendredi 15 mar 2013 à 16:28

    Si on veut améliorer la compétitivité, il faudrait qu'on n'est plus tous ces eurocrates à notre charge....

  • azqsdwxc le vendredi 15 mar 2013 à 16:25

    @dratser : C'est leur intérêt. Si on devient tous chinois, les riches pourront se payer une main d'oeuvre très bon marché et faire encore plus de profits détaxés dans les paradis fiscaux. Si on devient aussi thailandais, ils pourront en plus abuser de nos enfants. Elle est pas belle la vie... de riche

  • dratiser le vendredi 15 mar 2013 à 16:14

    l'allemagne est sur la voie , qui a deja le taux le plus elevé de bas salaires .............des pays riches mais des citoyens pauvres .....ça peut durer combien de temps ça...?

  • dratiser le vendredi 15 mar 2013 à 16:13

    en clair devenons tous chinois ou thailandais .....supprimons la retraite la secu les conges etc.....etc..supprimons meme le contrat de travail , pour un retour à l'esclavage

  • M6590582 le vendredi 15 mar 2013 à 16:12

    Barroso donne aussi des leçons? Quelle ironie! La Commission qu'il préside depuis de nombreuses années est l'un des principaux responsables de la politique qui a eu pour conséquence la fuite vers l'Asie de la production industrielle, et après ce beau résultat ils prêchent la bonne parole d'une paupérisation de la force de travail en Europe pour rester compétitifs! Il vaudrait mieux fermer leur boutique tout simplement.

  • azqsdwxc le vendredi 15 mar 2013 à 15:59

    Personne ne lui a dit qu'il était impossible que tous les pays du monde aient une balance commerciale excédentaire ?

  • azqsdwxc le vendredi 15 mar 2013 à 15:57

    Et rien contre la fuite de la richesse produite vers les paradis fiscaux ?