Marine Le Pen vise un FN en tête aux europénnes, et le fief de Cahuzac

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Marine Le Pen a lancé samedi en Lot-et-Garonne la campagne pour la législative partielle dans l'ancien fief de Jérome Cahuzac, dopée par un sondage, et inspirée par la percée au Royaume Uni du parti "ami" Ukip, qui l'amènent à pronostiquer un FN "en tête des élections européennes" de 2014.

Sur le marché de Villeneuve-sur-Lot, avant une réunion avec des militants à Agen, Mme Le Pen a effectué une visite de soutien à Etienne Bousquet-Cassagne, un étudiant de 23 ans choisi comme candidat "jeune génération" par le FN pour la législative des 16 et 23 juin, sur le siège de l'ex-ministre du Budget Cahuzac.

La présidente frontiste a été accueillie par quelques dizaines de sympathisants aux cris de "Marine on t'aime !", "Marine présidente !", a constaté un correspondant de l'AFP. Elle s'est offert un mini-bain de foule, essuyant aussi quelques huées d'une poignée de militants agitant des drapeaux du Front de Gauche.

Marine Le Pen, selon un sondage BVA pour I-Télé vendredi, serait qualifiée pour le second tour d'un scrutin présidentiel, si le premier tour se déroulait ce dimanche. Elle obtiendrait 24% des voix, soit un gain de 6,1 points en un an, devancée par le seul Nicolas Sarkozy, à 29%. Elle distancerait par contre François Hollande, à 20%.

Interrogée samedi sur cette projection, Mme Le Pen s'est surtout focalisée sur les échéances intermédiaires, "toute une vague d'élections (qui) va arriver et peut bouleverser considérablement le panel politique français", notamment les élections européennes de mai 2014.

"J'en veux pour preuve les résultats absolument spectaculaires de nos amis du Ukip en Grande-Bretagne", a-t-elle dit à la presse.

"Ils ont beaucoup de points communs avec la politique que nous défendons, d'abord leur rejet d'un processus migratoire massif et anarchique, et bien sur leur position très europhobe, ou eurosceptique pour ceux qui seraient choqués par ce terme europhobe", a-t-elle ajouté.

Anti-européen, anti-immigration, l'Ukip a réalisé une percée historique lors d'élections locales partielles au Royaume-Uni, se posant en acteur politique incontournable, avec 25% des voix en moyenne dans les circonscriptions où il avait des candidats.

A Villeneuve-sur-Lot, dans un fief de l'ex-maire et député PS Cahuzac, réélu largement en juin 2012 (61,48% au 2e tour) , Mme Le Pen a assuré que le candidat FN "ne fera pas campagne que sur l'affaire Cahuzac", mais sur "tous les grands sujets de préoccupation des Français".

Dans une circonscription selon elle "emblème de la ruralité abandonnée (...) par la droite comme par la gauche", les électeurs lot-et-garonnais "portent les espérances d'un peuple qui ne peut exprimer son désir de changement", son "ras-le-bol", dans l'immédiat.

Le choix de Bousquet-Cassagne, qui a mécontenté une figure locale du FN candidate en 2012, Catherine Martin, 56 ans, a été présenté par Mme Le Pen elle-même comme un renouvellement de génération.

"Il représente la jeune génération française qui se lève, qui n'a plus envie de rester spectateur d'un jeu politique dont on leur a expliqué pendant des années qu'il n'était pas pour eux, qu'il fallait laisser faire les +sachants+, les experts, les politiciens qui sont là depuis 30 ou 40 ans", a lancé Marine Le Pen.

En juin 2012, Mme Martin avait recueilli 15,71% des voix au premier tour pour le FN.

Etienne Bousquet-Cassagne, fils du président de la Chambre d'agriculture du département, n'est pas un inconnu localement. Le jeune homme bien mis, au langage posé, a dit "aborder l'élection sereinement, avec l'envie d'aller au contact de la population" et celle de "siéger à la commission de l'Agriculture de l'Assemblée" nationale s'il est élu.

A gauche, un deuxième tour de primaire auprès des militants doit lundi départager deux candidats: Catherine Joffroy, une avocate de 42 ans conseillère municipale de Pujols, et Bernard Barral, un chef d'entreprise retraité de 66 ans.

L'UMP a annoncé samedi avoir choisi comme candidat Jean-Louis Costes, maire de Fumel et conseiller général de 49 ans, notamment sur la base d'un sondage commandité à l'institut Ipsos. M. Costes avait été battu au deuxième tour en 2012 par M. Cahuzac, après avoir obtenu 27% au premier tour (contre 46,86% à l'ex-ministre).

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