Marine Le Pen se veut pour 2017 la candidate du "non" à l'UE

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    * Elle oppose le "renouveau" FN aux "vieilles idées" 
    * La présidente du FN attaque Macron, qui "ne représente 
rien" 
    * Elle veut "bouter" l'UE hors de la France 
    * Un référendum si elle est élue en 2017 
 
    PARIS, 1er mai (Reuters) - Marine Le Pen s'est posée 
dimanche en "candidate du 'non' à l'Union européenne" et du 
"'oui' à la France" pour l'élection présidentielle de 2017 face 
aux "vieilles idées" de "l'UMPS". 
    La présidente du Front national, en retrait de la scène 
médiatique et du "marigot parisien" depuis la percée du parti 
d'extrême droite aux régionales de décembre, a voulu dépeindre 
le futur visage d'une "France apaisée", son slogan de campagne, 
une France libérée selon elle du joug de Bruxelles et du "frein 
épouvantable" de l'euro. 
    Fait sans précédent dans l'histoire du parti cofondé par 
Jean-Marie Le Pen en 1972, le patriarche, exclu du FN en août 
dernier, et sa fille ont rendu hommage séparément à la figure 
emblématique de Jeanne d'Arc à Paris.   
    Pugnace, Jean-Marie Le Pen a fustigé la "sottise suicidaire" 
de la stratégie de "dédiabolisation" engagée par sa fille et 
prédit sa défaite "au deuxième tour de la présidentielle et 
peut-être même au premier" si elle persistait dans cette voie. 
    Marine Le Pen n'a aucunement fait allusion aux attaques de 
son père lors du "banquet patriote" organisé porte de la 
Villette, à Paris, en présence de quelque 2.500 personnes. 
    Ses proches ont relativisé les propos d'un "homme du passé". 
    "Il y a autour de Marine Le Pen une dynamique que Jean-Marie 
Le Pen ne perçoit pas. Il y a d'un côté la fin d'une épopée 
politique, probablement, il y a de l'autre un dialogue entamé 
avec les Français", a dit Sébastien Chenu, ex-UMP nommé 
secrétaire départemental de la fédération FN du Nord. 
    "On s'en fout", a balayé pour sa part Steeve Briois, 
vice-président du parti. "On fera campagne, on aura un très bon 
score, bien meilleur que ce qu'il a jamais eu". 
    "La vie politique française devient une lutte entre le camp 
UMPS d'un côté et le camp patriote de l'autre", a lancé Marine 
Le Pen lors d'un discours de plus d'une heure, renvoyant dos à 
dos, comme à l'habitude, le Parti socialiste et Les 
Républicains. 
    "De plus en plus de voix s'élèvent -- (Benoist) Apparu, 
(Jean-Pierre) Raffarin, (Nathalie) Kosciusko-Morizet, (Manuel) 
Valls, (Emmanuel) Macron -- pour officialiser cette union", 
a-t-elle poursuivi, concentrant ses critiques contre le ministre 
de l'Economie qui a créé le 6 avril un mouvement politique, "En 
Marche!", par-delà le clivage droite-gauche. 
     
    "LA LOI EL KHOMRI ÉCRITE DANS UN BUREAU DE BRUXELLES" 
    "A gauche, les inaptitudes du président sortant aiguisent 
les ambitions personnelles", a dit la présidente du FN. 
    "Le dernier chouchou, c'est Macron. Il ne représente rien, 
n'a aucune idée, n'a jamais daigné se présenter au suffrage 
universel", a-t-elle poursuivi. "On prête à Macron des ambitions 
présidentielles, le pauvre qui ne rêve en réalité que d'être 
Premier ministre d'Alain Juppé." 
    "Ces bulles médiatiques, Macron aujourd'hui, Bruno Le Maire 
hier, ou Ségolène Royal avant-hier, ne sont que l'écume du 
désespoir", a-t-elle insisté, fustigeant "une guerre d'egos". 
    "Ce système ne sait plus se réinventer et cherche à recycler 
ses vieilles idées par des visages moins ridés que les autres", 
a-t-elle dénoncé. 
    Marine Le Pen se présente en contrepoint comme la candidate 
du "renouveau" et du rétablissement d'"un Etat stratège, un Etat 
souverain, en mesure de réindustrialiser". 
    Peu diserte sur la réforme du Code du travail depuis le 
début de la contestation, il y a deux mois, la dirigeante du FN  
   a critiqué "la loi El Khomri (...) écrite dans un bureau de 
Bruxelles sous la dictée des puissances d'argent". 
    Evoquant les débordements survenus en marge de 
manifestations contre le projet de loi, encore dimanche à Paris, 
elle a demandé au gouvernement la dissolution "des milices 
d'extrême gauche qui saccagent impunément nos centres-villes." 
    "Je souhaite créer les conditions de l'emploi et de 
l'apaisement social en misant sur cette force que sont nos TPE 
et PME", a-t-elle dit, en martelant sa volonté de "faire exister 
encore l'Etat à la française." 
    "Dès mon élection, dans le cadre des négociations que 
j'engagerai avec l'Union européenne, j'effectuerai les démarches 
pour obtenir (...) la restauration de la monnaie nationale", 
a-t-elle plaidé. 
    "Si on échouait dans cette démarche, ce dont je doute, je 
demanderai aux Français de voter 'non' au maintien dans l'Union 
européenne", a-t-elle expliqué en faisant référence à la menace 
d'un "Brexit". 
    "Je suis la candidate du 'Non' à l'Union européenne, du 
'Oui' à la France", a-t-elle souligné. 
 
 (Sophie Louet avec Ingrid Melander) 
 
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