Marine Le Pen se pose en "unique candidate de la Nation"

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MARINE LE PEN SE POSE EN "UNIQUE CANDIDATE DE LA NATION"
MARINE LE PEN SE POSE EN "UNIQUE CANDIDATE DE LA NATION"

par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - L'heure du bilan approche pour la première campagne présidentielle de Marine Le Pen, qui a tenu mardi soir au Zénith de Paris son dernier meeting avant le premier tour en appelant à la mobilisation, se proclamant "l'unique candidate de la Nation" et de la République".

"Rien ne sera plus jamais comme avant", a promis, tout de noir vêtue, la candidate du Front national, debout devant quelque 6.000 partisans dans une salle pleine de bruit et de fureur, avant de résumer ainsi son programme: "patriotisme économique, patriotisme social, protection nationale".

"Faites-vous entendre, hurlez votre colère! Bougez-vous", a-t-elle ajouté.

"Le seul vote qui va compter, pour demain et pour l'avenir, c'est le vote Marine Le Pen (...) Le peuple redeviendra en France le seul souverain légitime".

Sur l'estrade, un pupitre, trois drapeaux tricolores et, sur une grande affiche bleue représentant la Tour Eiffel entourée de feux d'artifices symbolisant le bouquet final espéré pour bientôt, un slogan simple et explicite: "Oui, la France!" Comme à son habitude, Marine Le Pen a joué la carte de la sobriété déterminée.

Les sondages, pourtant, ne devraient pas l'inciter à une confiance excessive. Si la fille de Jean-Marie Le Pen, qui avait brigué l'Elysée à quatre reprises entre 1988 et 2007, était encore créditée de 20% d'intentions de vote en janvier dernier, elle plafonne désormais autour de 16%.

Non seulement l'écart avec les deux favoris que sont François Hollande et Nicolas Sarkozy lui interdit tout espoir raisonnable d'accéder au second tour mais elle est à présent sous la menace de Jean-Luc Mélenchon, qui la talonne souvent, la dépasse parfois et pourrait la priver du podium.

Son équipe de campagne veut toutefois croire à un frémissement de dernière minute et lui a fixé un objectif minimal: battre le record du FN lors d'une présidentielle, établi par son père en 2002 avec 16,86% des suffrages, même si un score similaire ne lui permettrait sans doute pas cette fois de se qualifier pour le duel final.

En préambule du meeting parisien, le souverainiste Paul-Marie Coûteaux, rallié au FN et symbole d'une certaine ouverture, a appelé à "la reconquête de la France par elle-même et a posé l'équation du scrutin en ces termes: "la France ou le chaos".

Puis le médiatique avocat Gilbert Collard, qui préside le comité de soutien à la candidate du FN, a continué de chauffer la salle de sa voix vibrante: "Quelle est la place de la France dans le monde? Telle est la seule question qui vaut aujourd'hui qui vaut la peine d'être posée", a-t-il lancé.

Enfin Marine Le Pen s'est avancée vers la scène, fendant une forêt de drapeaux aux cris de "Marine présidente".

"Je suis la seule candidate capable de protéger les Français des ravages de la mondialisation car je suis l'exception française de cette campagne", a-t-elle dit. "Je suis l'unique candidate de la Nation, l'unique candidate de la République française".

La chef de file du FN s'est présentée comme la candidate du "rassemblement national", formule qui pourrait préfigurer la coalition qu'elle voudrait conduire pour les législatives de juin.

"RÉVOLUTIONNAIRES DE SALON"

L'enjeu est de taille dans cette dernière ligne droite pour celle dont la stratégie de "dédiabolisation" est loin de faire l'unanimité au sein de son parti et serait considérée comme un échec si elle réalisait un score en dessous de 15%.

Le premier tour, dimanche prochain, doit également lui servir de tremplin pour les législatives du mois de juin, un scrutin majoritaire si souvent marqué par des désillusions pour le FN, qui n'en brûle pas moins d'envie de s'offrir une représentation parlementaire.

La révolution entreprise par Marine Le Pen lorsqu'elle a pris en janvier 2011 les rênes d'un parti fondé et incarné pendant trois décennies par son père sera jugée à l'aune de son résultat à la présidentielle.

Ses efforts pour rendre plus présentable une formation accompagnée depuis toujours par un parfum de soufre paraissent s'essouffler.

La récupération systématique de ses thèmes traditionnels par la droite parlementaire autour du président sortant ne lui a pas rendu service et le retour, opéré récemment, aux "fondamentaux" du FN que sont l'insécurité et surtout l'immigration, dans la foulée de l'affaire Mohamed Merah, ne semble pas avoir suffi à rassurer totalement l'électorat traditionnel du FN.

Marine Le Pen le sait, tout se joue maintenant. Pour abattre ses dernières cartes, elle n'a pas opté pour un grand rassemblement populaire comme les affectionnent les deux favoris et son grand rival dans la séduction du vote ouvrier, Jean-Luc Mélenchon.

Elle a choisi plutôt une salle de spectacle, où elle a livré une prestation somme toute classique, renvoyant dos à dos tous ses adversaires, en particulier le président sortant.

"Un vote pour Nicolas Sarkozy est un vote perdu, comme lui d'ailleurs, qui apparaît dans cette fin de campagne perdu, dépassé", a-t-elle dit.

Edité par Gérard Bon

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  • baljo le mardi 17 avr 2012 à 23:58

    elle chante l'internationale?