Marine Le Pen opte pour l'apaisement avec Bruno Gollnisch

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MARINE LE PEN CHOISIT L'APAISEMENT AVEC BRUNO GOLLNISCH
MARINE LE PEN CHOISIT L'APAISEMENT AVEC BRUNO GOLLNISCH

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a choisi jeudi l'apaisement en refusant la démission de Bruno Gollnisch du bureau politique du Front national, un geste qu'elle avait exigé après la participation de l'eurodéputé le 1er mai à un rassemblement avec son père.

En revanche, Marie-Christine Arnautu, qui s'était également affichée aux côtés de Jean-Marie Le Pen, n'a pas voulu faire acte d'allégeance et sera convoquée devant les instances disciplinaires, annonce le parti dans un communiqué.

"Conformément au souhait exprimé par le bureau politique le 2 mai, Bruno Gollnisch a remis ce jour à Marine Le Pen sa démission du bureau politique. Dans un souci d'apaisement, celle-ci l'a refusée", dit le texte.

La présidente du FN rappelle que "si le combat pour la France nécessite l’union de tous les patriotes de bonne volonté", ce combat "ne peut néanmoins être efficace et gagnant que dans le respect de la discipline".

Figures historiques du FN, l'eurodéputé Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu, vice-présidente, comptent parmi les derniers fidèles de Jean-Marie Le Pen, qui a été exclu du parti en 2015, même s'il en reste le président d'honneur.

Malgré les mises en garde de la dirigeante du FN, tous deux étaient montés à la tribune le 1er mai aux côtés du fondateur du mouvement lors d'un rassemblement à Paris en l'honneur de Jeanne d'Arc.

Le patriarche, âgé de 87 ans, avait alors dénoncé la "diabolique stratégie" de "dédiabolisation" mise en oeuvre par sa fille et qui la conduira, selon lui, vers la défaite à la présidentielle de 2017, peut-être même au premier tour.

Le bureau politique du FN avait constaté le lendemain "le caractère inacceptable" de la participation de dirigeants à une manifestation "réunissant un grand nombre d’organisations et de personnalités violemment hostiles au Front National".

Il avait en conséquence sommé les deux députés européens de démissionner des instances du parti, à savoir le bureau politique pour Bruno Gollnisch et le bureau politique et le bureau exécutif pour Marie-Christine Arnautu.

Dénonçant une "purge", Marie-Christine Arnautu avait affirmé qu'elle ne démissionnerait pas et que le parti devrait l'exclure s'il voulait mettre ses menaces à exécution.

En revanche, Bruno Gollnisch avait minimisé la portée de sa présence aux côtés de Jean-Marie Le Pen, la présentant comme un geste d'amitié envers son compagnon politique de longue date.

"Je pense qu'on est entre gens trop intelligents pour vouloir exclure parce que l'on dépose une gerbe à Jeanne d'Arc et que l'on écoute un discours politique intéressant", avait-il dit.

Le vice-président du FN, Florian Philippot, et le secrétaire général, Nicolas Bay, avaient dénoncé un "acte hostile" à la politique du parti et de sa présidente Marine Le Pen.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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