Marine Le Pen met un "carton rouge" à Nicolas Sarkozy

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MARINE LE PEN MET UN "CARTON ROUGE" À NICOLAS SARKOZY
MARINE LE PEN MET UN "CARTON ROUGE" À NICOLAS SARKOZY

par Gérard Bon

LILLE (Reuters) - Marine Le Pen a mis dimanche un "carton rouge" à Nicolas Sarkozy en appelant les Français à "expulser définitivement" le président-candidat dès le premier tour de la présidentielle.

Dans un duel à distance avec le chef de l'Etat, qui tenait au même moment un meeting à Marseille, la chef de file du Front national a tenté de contrer l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, qui semble pour l'instant lui barrer la route du second tour.

"Le 22 avril, peuple de France, mettez à Nicolas Sarkozy un carton rouge !", a dit Marine Le Pen en brandissant elle-même un petit carton de cette couleur à la tribune du Grand Palais de Lille. "Expulsez-le définitivement du terrain".

Les quelque 2.000 supporters présents, selon les organisateurs, ont à leur tour agité un carton rouge en scandant "Dehors ! Dehors !" ou "Dégage !" dans une ambiance survoltée.

"A défaut de pouvoir rejeter les deux candidats du système" que sont le chef de l'Etat et le socialiste François Hollande, les Français doivent "au moins rejeter" le président sortant, a estimé Marine Le Pen.

La chef de file du FN s'est efforcée, lors d'une convention ce week-end à Lille, de donner un nouvel élan à sa campagne pour refaire son retard sur Nicolas Sarkozy, qui la distance désormais de 6 à 8 points au premier tour selon les sondages.

Elle dénie en particulier à celui qu'elle semble considérer comme son adversaire principal le droit de se présenter comme le candidat du peuple.

Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir "donner la parole au peuple" par le biais de référendums, notamment sur l'immigration et la formation des chômeurs.

"JE SUIS LA VOIX DU PEUPLE"

Or, pour la présidente du FN, Nicolas Sarkozy est le président de la "petite minorité" qui s'enrichit de la crise, le "candidat des puissants devenu par un coup de baguette médiatique le candidat du peuple".

"Je suis la voix du peuple", a insisté Marine Le Pen, qui refuse de croire que Nicolas Sarkozy puisse, en huit semaines, effacer "cinq ans de rupture avec le peuple" et des "échecs dramatiques".

Marine Le Pen, qui tente ainsi de se rapprocher des ouvriers et des employés, se présente désormais comme la "candidate de la révolte populaire".

La présidente du FN a aussi réservé quelques flèches à François Hollande, l'associant étroitement au chef de l'Etat. "Il n'y a plus ni droite, ni gauche mais deux candidats de la banque et de la finance", a-t-elle dit en rappelant les récents propos du candidat socialiste à la presse anglo-saxonne.

La dirigeante du FN, qui fait de nouveau de la lutte contre l'immigration l'un de ses leitmotivs, a répété à la tribune que toute la viande vendue en Ile-de-France était halal à l'insu des consommateurs.

Ce sujet, lancé samedi, lui a permis d'occuper le terrain médiatique en dépit du démenti de professionnels du secteur.

Grâce au battage médiatique mené par le FN pour sensibiliser l'opinion, Marine Le Pen semble désormais en mesure de recueillir les 500 parrainages lui permettant de se présenter, et d'envisager ainsi plus sereinement la bataille à venir.

Elle doit toutefois faire face à son tassement dans les sondages, où elle est créditée de 15% à 20% des intentions de vote, avec une perte d'un à deux points selon les instituts.

Mais pour la présidente du FN, la progression d'un à deux points de Nicolas Sarkozy dans les sondages après sa déclaration de candidature mercredi dernier est une simple "séquence" de la campagne.

"Il bénéficie simplement de sa déclaration de candidature, comme François Hollande et François Bayrou", a-t-elle dit.

édité par Patrick Vignal

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  • laquitta le dimanche 19 fév 2012 à 18:15

    des associations se sont battues pendant des décennies pour un abattage des animaux dans des conditions plus acceptables. Nous voila revenu des années en arrière à cause de 2 religions extrémistes pour lesquels les animaux ne sont guère plus que des meubles. Des vrais sauvages.