Marine Le Pen jusqu'au bout en terre paysanne

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MERDRIGNAC, Côtes-d'Armor (Reuters) - Marine Le Pen a fait campagne jusqu'au bout dans la France rurale ou périurbaine, qu'elle voit "transformée en désert" en se rendant vendredi dans une exploitation laitière en Bretagne.

Créditée de 14% à 17% dans les derniers sondages, la candidate du Front national semble prendre l'ascendant sur son ennemi juré Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, pour la troisième place du scrutin dimanche.

Au cas où elle ne serait pas qualifiée pour le second tour, Marine Le Pen a déclaré qu'elle ne donnerait pas de consigne de vote. "Mes électeurs feront ce qu'ils veulent car je suis la candidate de la liberté. Le 1er mai, je dirai ce que j'en pense mais chacun fera en fonction de sa conscience", a-t-elle dit.

A l'exception de ses meetings, Marine Le Pen a effectué la plupart de ses déplacements dans des campagnes, des ports de pêche ou des petites communes qui constituent selon elle "le coeur de la France qui souffre."

Priée il y a quelques semaines d'expliquer pourquoi elle ne se rendait pas en banlieue à la différence des autres candidats, elle avait expliqué: "Tout le monde passe sa vie en banlieue et bien moi je ne vais pas en banlieue. Je vais en campagne parce que l'immense majorité de la population vit dans la ruralité".

Vendredi, elle a donc conclu son "cahier de doléances de la ruralité", ouvert lors du Salon de l'agriculture à Paris, dans une exploitation laitière bio de Merdrignac, dans les Côtes d'Armor.

"LA RÉVOLTE GRONDE"

Dans une grange remplie de bottes de foin, elle a répété devant une centaine de sympathisants et journalistes: "Bruxelles veut en finir avec nos paysans, nos pêcheurs, nos artisans, avec tous ceux qui sont les forces vives de notre pays".

S'inquiétant de la fermeture d'écoles, de bureaux de postes ou de gendarmeries, elle a mis en garde contre un monde rural "transformé en désert, en dortoir ou en parc de loisir actif durant les vacances".

"La révolte gronde, l'heure est venue de donner le pouvoir aux honnêtes gens, aux oubliés, aux invisibles et d'écouter leurs doléances", a-t-elle ajouté, estimant que la France "se vide de sa substance, se prive de ses racines, mais aussi de sa sève".

Elle entend pour cela mettre en place un fonds d'investissement pour les "indépendants" dans les campagnes -agriculteurs, artisans, PME, PMI- qui serait abondé par un prélèvement de "15% sur les résultats des cinquante plus grosses capitalisations boursières".

La dirigeante du FN s'est prononcée contre le "découplage des aides", qui permettent aux agriculteurs d'obtenir des subventions indépendamment de leur production.

Les DPU, ou droits à produire, doivent être également supprimés "d'urgence", a-t-elle ajouté.

"Il y a de la place pour tous les agriculteurs dans ce pays. Je ne veux plus une ferme en moins. Il est urgent d'arrêter la casse", a-t-elle dit.

Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse

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