Marine Le Pen fustige des politiques incapables et cible Sarkozy

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    PARIS, 3 septembre (Reuters) - Marine Le Pen s'est posée 
samedi en femme libre et en rempart face à des adversaires 
qu'elle juge "incapables de gouverner", des "sortants" 
discrédités pour la présidentielle de 2017 et "soumis aux 
Qataris ou aux Saoudiens". 
    Dans son discours de rentrée, la présidente du Front 
national a particulièrement ciblé Nicolas Sarkozy, candidat à la 
primaire des Républicains, accusant l'ancien chef de l'Etat 
d'avoir fait allégeance au roi Salman d'Arabie saoudite. 
    "Début août, Nicolas Sarkozy a fait un déplacement secret au 
Maroc pour rencontrer le roi d'Arabie saoudite et l'assurer de 
sa bienveillante amitié", a-t-elle lancé devant 600 à 700 
partisans réunis dans le village de Brachay (Haute-Marne). 
    "Il se voudrait le champion médiatique de la lutte contre 
l'islamisme radical, il a été faire allégeance au promoteur 
mondial du wahabbisme". 
    "Je ne reconnais aucun pouvoir étranger sur le peuple 
étranger, je ne crains ni n'ai prêté aucune allégeance à aucune 
puissance du monde", a insisté l'eurodéputée, qui se dit "libre 
aussi par rapport au bilan de cette classe politique".  
    Marine Le Pen tenait comme chaque année depuis 2012 son 
meeting de rentrée à Brachay, village de moins de soixante 
habitants dans lequel elle voit un "symbole de la France des 
oubliés" et où elle avait obtenu lors de la présidentielle de 
2012 son meilleur score sur l'ensemble du territoire (72 %). 
    Comme pour la présidentielle de 2012, elle a choisi de 
supprimer le logo - la fameuse petite flamme bleu blanc rouge -, 
du Front National et même le nom du parti sur ses tracts et ses 
affiches. La présidente du FN laisse désormais place à la 
candidate à l'élection présidentielle. 
    La chef de file du FN, qui s'en est tenue à sa diète 
médiatique durant l'été, doit faire oublier l'échec de son parti 
à ravir la moindre région en 2015 en dépit de scores très élevés 
et gagner en crédibilité en vue du scrutin présidentiel. 
    Elle s'est efforcée à Brachay de prendre de la hauteur en 
profitant des déchirements des partis de droite comme de gauche, 
et proposant aux Français le chemin de "l'apaisement par 
l'autorité". 
     
    "BOUTIQUIERS SANS ENVERGURE" 
    Elle a eu des mots très durs contre ses adversaires, des 
"boutiquiers sans envergure", assurant que "faute de donner un 
sens à l'action, le pays n'est pas gouverné, il est abandonné". 
    "Tous mes adversaires ont contribué à l'effondrement de la 
France", a-t-elle lancé lors d'un discours entrecoupé du slogan 
"Marine présidente" de ses partisans.   
    "Tous ceux qui se présentent sont en session de rattrapage. 
Ils espèrent que les Français oublieront leurs échecs, mais nous 
seront là pour le leur rappeler", a-t-elle ajouté.  
    Surfant sur l'actualité, Marine Le Pen a confirmé qu'en cas 
de victoire, elle organiserait un référendum sur l'appartenance 
de la France à l'Union européenne, comme le Royaume-Uni en juin. 
    "Les Britanniques ont eu ce courage, ils ont fait le choix 
de l'indépendance contre tous les prophètes de malheur", 
a-t-elle dit. "Ce référendum sur l'appartenance à l'Union 
européenne, je le ferai en France, car vous avez le droit à la 
parole". 
    Marine Le Pen veut croire en ses chances d'accéder à 
l'Elysée bien que son parti, régulièrement qualifié au premier 
tour, ait perdu presque systématiquement le second dans les 
élections intermédiaires.   
    L'état-major frontiste souligne que le FN est en progression 
constante depuis 2011, estime qu'il n'y a plus de plafond de 
verre et veut croire à une conjonction favorable, par exemple si 
sa championne devait affronter François Hollande au second tour. 
    Depuis trois ans, tous les sondages montrent que la 
présidente du FN se qualifierait pour le second tour. Dans une 
enquête Odoxa d'avril dernier, elle battrait même le chef de 
l'Etat si ce dernier parvenait à se qualifier.  
    "Rien ne permet d'affirmer qu'il existe un plafond de 
verre", estimait Jean Daniel Levy, directeur du département 
politique et opinion d'Harris Interactive dans le quotidien 
l'Opinion, paru vendredi. 
    Les dirigeants du FN misent également sur "l'effet Brexit", 
la sortie des Britanniques de l'Union européenne, qui 
crédibilise son discours, et n'est pas pour l'instant la 
catastrophe annoncée par certains.  
    Marine Le Pen bénéficie d'autres éléments favorables, des 
difficultés à la crise migratoire, qui ont poussé nombre de 
responsables politiques à reprendre ses thèmes, voire ses 
propositions.  
      
 
 (Gérard Bon, édité par Yann Le Guernigou) 
 
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