Marine Le Pen et le vaudou

le
2
La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 7 octobre 2015, au Parlement Européen à Strasbourg.
La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 7 octobre 2015, au Parlement Européen à Strasbourg.

Contrairement à ce qu’affirme la présidente du Front national, il n’y a pas de virus européen qui mine la France. Les maux structurels dont souffre le pays sont de fabrication franco-française.

Ainsi, la typologie des Français se ramènerait à deux catégories : les « mondialisés » et les « patriotes ». A en croire Marine Le Pen, à qui l’on doit la formule, les seuls recommandables sont les seconds, les 29 % d’électeurs qui se sont prononcés pour le Front national aux élections régionales. Les autres sont, au choix, des profiteurs ou des naïfs ou potentiellement des traîtres à leur pays.

Comme la patronne du FN ne peut pas s’en prendre au monde entier – pas encore –, elle zoome sur plus petit : l’Europe, source de tous nos malheurs. L’Europe-passoire nourrit les flots de l’immigration. L’Europe libérale tue notre économie. L’Europe tolérante est le paradis des djihadistes. L’Europe est le cheval de Troie d’une mondialisation que la France se doit, pour être fidèle à elle-même, de tenir à distance. Ce qui devrait lui permettre d’ériger des barrières douanières, de financer la retraite à 60 ans, de multiplier le nombre de fonctionnaires, d’augmenter le smic et les prestations sociales. Bref, de ramener le pays au temps des « trente glorieuses ».

Pour cela, il n’y a qu’une condition à satisfaire et qui, en dépit de récents aménagements sémantiques, reste au cœur de la logique économique du FN : sortir de l’Union européenne (et de l’euro). Alors, le pays retrouvera sa pleine souveraineté économique. Au début des années 1970, le Parti communiste français défendait une plate-forme sensiblement similaire, la monnaie unique en moins. Il recueillait quelque 25 % des suffra...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • frk987 il y a 12 mois

    Pour Janaliz : juste une remarque qui n'a rien à voir avec l'article : la partie basse des gondoles, là où il faut se baisser pour attraper l'article ce sont les articles sur lesquels les magasins font la plus faible marge. Donc vous pouvez trouver de grandes marques en bas et de la vraie ... en devanture accessible.

  • janaliz il y a 12 mois

    Je serais curieux de connaitre parmi ces 29% le pourcentage de "patriotes" apportant une attention particulière à l'origine de leurs achats. Quand je constate le nombre de mes concitoyens, loin d'être désargentés, qui s"approvisionnent dans la partie basse des gondoles dans les grands magasins, je dis que ce vote protestataire n'a rien à voir avec du patriotisme économique.