Marine Le Pen chahutée à La Réunion

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MARINE LE PEN CHAHUTÉE À LA RÉUNION
MARINE LE PEN CHAHUTÉE À LA RÉUNION

SAINT-LEU, La Réunion (Reuters) - La candidate du Front national à l'élection présidentielle, Marine Le Pen, a accusé mardi à La Réunion les services de l'Etat de ne pas assurer sa sécurité alors que plusieurs manifestations et incidents ont émaillé la première de ses deux journées de visite dans l'île de l'océan Indien.

Pour la présidente du FN, chahutée et huée depuis son arrivée, "c'est bien la preuve que (Nicolas) Sarkozy est incapable d'assurer la sécurité dans son pays".

"Il est insupportable que les gens soient pris à partie physiquement. En métropole, mes déplacements sont plus protégés que cela. (.) Je suis là quand même, n'en déplaise aux 50 énergumènes en question", a-t-elle déclaré lors d'une meeting devant quelque 300 sympathisants.

Estimant sa venue "contraire aux valeurs de La Réunion", une centaine de sympathisants du Parti socialiste, du Parti communiste, d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et de militants anti-racistes avaient formé un barrage sur la route menant au restaurant de Saint-Leu qui accueillait son meeting dans la soirée.

"Ça me renforce. C'est de l'énergie qu'ils mettent dans le moteur", a lancé Marine Le Pen sous les applaudissements d'une audience multiethnique.

La candidate a proposé la mise en place d'un "couloir économique prioritaire" en faveur de La Réunion, la valorisation du milieu marin, «une richesse» de l'outre-mer, et a fustigé le prix des billets d'avion, frein selon elle à la continuité territoriale et au développement économique de l'île.

"HORDE DE HURLEURS"

Toujours en quête de parrainages, Marine Le Pen n'a obtenu aucune des signatures des maires de l'île. "Si on leur envoie une horde de hurleurs comme ça, c'est normal qu'ils hésitent", a-t-elle estimé, plaidant une nouvelle fois pour l'anonymat des parrainages.

Plus tôt dans l'après-midi, à l'appel de la section locale du PC, une foule d'environ 300 personnes avait tenté de barrer la route menant au temple hindou qu'elle devait visiter dans la ville de Saint-Louis.

Joseph Damour, un représentant local du Front national, candidat aux législatives, a été pris à partie par des manifestants emmenés par le maire PCR (Parti communiste réunionnais) de la ville, Claude Hoarau.

La candidate avait fini par s'engouffrer dans l'enceinte du temple coloré dans une voiture, encadrée par un important dispositif policier. Souriante et qualifiant d'"éminemment sympathiques" les militants et religieux qui l'ont conspuée, elle a estimé que ces manifestants étaient de "pauvres (...) employés communaux" manipulés.

Dès son arrivée en milieu de journée à Saint-Denis, un collectif anti-Front national essentiellement composé de militants du MJS (Mouvement des jeunes socialistes) et du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) s'étaient rassemblés à l'aéroport, l'obligeant à sortir du hall encadrée par des forces de l'ordre.

Jean-Marie Le Pen avait recueilli 4,8% des suffrages dans l'île à l'élection présidentielle de 2007, un résultat en hausse d'un point par rapport au scrutin de 2002.

Marine Veith, édité par Sophie Louet

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  • M566619 le mercredi 8 fév 2012 à 07:10

    On devrait insister davantage sur le déni de démocratie que représentent ces manifestations de groupuscules d'extrémistes excités face à une femme qui est le porte-parole de millions de Français.

  • marconge le mardi 7 fév 2012 à 20:13

    Faut attendre le 22/02, magouilles entre temps.