Marine Le Pen à l'écoute des doléances des marins-pêcheurs

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MARINE LE PEN SE POSE EN PORTE-PAROLE DU MONDE RURAL ET DE LA MER
MARINE LE PEN SE POSE EN PORTE-PAROLE DU MONDE RURAL ET DE LA MER

LE TREPORT, Seine-Maritime (Reuters) - Marine Le Pen s'est posée à nouveau mercredi en porte-parole du monde rural et de la mer lors d'une rencontre avec des marins-pêcheurs du Tréport (Seine-Maritime), confrontés comme toute la profession à la hausse du prix du carburant.

La candidate à la présidentielle du Front national, qui avait déjà sillonné dans le cadre de sa campagne les ports de Boulogne-sur-Mer et de Sète, a annoncé qu'elle rendrait publics le 19 avril des "cahiers de doléances de la pêche".

"La ruralité, mer et terre, sont devenues les invisibles de la politique française", a-t-elle expliqué.

Devant les équipages de chalutiers, Marine Le Pen a confirmé son engagement de baisser la TIPP de 20% si elle était élue, ce qui ferait automatiquement baisser le prix de l'essence de 20 centimes d'euros par litre.

Elle a jugé insuffisant l'engagement du candidat socialiste François Hollande de baisser durant trois mois la TIPP. "Trois mois, cela ne suffit pas", a-t-elle dit.

La chef de file du FN a également reproché au président-candidat Nicolas Sarkozy d'épargner les grands groupes pétroliers car "ils sont amis du pouvoir" et d'envisager de puiser dans les réserves stratégiques du pays.

"Nicolas Sarkozy veut taper dans les réserves stratégiques parce qu'il ne veut pas taxer les grandes entreprises pétrolières et gazières. Comme ils sont main dans la main, on ne touche pas à Total", a-t-elle dit.

Le gouvernement a lancé un appel d'offres pour l'installation de centaines d'éoliennes au large des côtes françaises sur cinq sites, dont Le Tréport.

Mais devant les marins-pêcheurs, Marine Le Pen s'est déclarée "férocement contre les éoliennes".

"Derrière la peinture verte, il y a en réalité la couleur de l'argent", a-t-elle dit, dénonçant une "immonde pollution visuelle" qui "entraînera la réduction des zones de pêche." "Cela va détruire plus d'emplois que cela va en créer".

Un patron-pêcheur, Jean Rault, lui a expliqué qu'il lui faudrait 30.000 euros par semaine pour payer les sept marins de son chalutier et le gasoil. "Mais on vend le poisson le même prix qu'il y a vingt ans", a-t-il déploré.

Un autre marin, Emmanuel Byhet, lui a fait écho: "L'Europe ferme des zones. On n'a plus le droit de pêcher la raie et pourtant, on n'a jamais vu autant de petits poissons ces trois dernières années".

Pour le FN, la Commission européenne n'a qu'un seul objectif, "réduire au minimum la pêche artisanale puis 'privatiser' les quotas les plus intéressants au profit de quelques grands armements, propriétés de groupes agro-industriels."

Et l'interdiction faite depuis deux ans aux pêcheurs bretons et normands de pêcher la raie "sous prétexte" de préserver la ressource "en est une parfaite illustration".

Marc Parrad, édité par Gilles Trequesser

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