Marielle Berger : " Aucun autre objectif que la médaille "

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Marielle Berger : " Aucun autre objectif que la médaille "
Marielle Berger : " Aucun autre objectif que la médaille "

Marielle, pourquoi le skicross et non l'alpin classique ?J'ai fait du ski alpin jusqu'il y a trois ans, il s'agit de la base du skicross. Le skicross s'est présenté à moi à un bon moment de ma carrière ou je n'avais pas de bons résultats en ski alpin, j'étais sortie des groupes fédéraux. J'ai eu l'occasion d'intégrer l'équipe directement et de m'entrainer avec les meilleurs skicrosseurs français et mondiaux. La discipline me plaisait, j'ai donc accepté avec grand plaisir.

Le skicross est une discipline pleine de risques, le facteur chute, presque aléatoire, est important et différent de celui de l'alpin. Est-ce cela qui vous motive plus ?En effet, le résultat de la course peut être aléatoire, on peut être accroché par un autre skieur et tomber au bout de quelques secondes de course. C'est le côté un peu malchanceux du skicross mais c'est également, je trouve, ce qui fait la beauté de ce sport. Il faut gérer les autres skieurs, on ne peut pas s'occuper uniquement de soit et cela amène un peu de panache supplémentaire. Il faut parfois savoir rester en retrait pour éviter la chute d'un concurrent. Il faut faire avec, c'est le jeu.

Le contact, sentir ses adversaires à ses côtés, est-ce stimulant ?Cet aspect de la course est très prenant car lorsque l'on sent que l'on est rattrapé on fait tout pour éviter d'être doublé. Doubler un adversaire au bon moment de la course est une sensation particulière

Quel est votre profil, vous mettez des coups d'épaule ou la jouer plus tactique ?Il y en a des plus grands et costauds que moi, je préfère donc la jouer plus tactique. En tentant de mettre des coups d'épaule, je pense avoir peu de chances de gagner.

A Sotchi, à quel type de parcours vous attendez-vous ? Je m'attends à quelque chose d'un peu différent. Je pense que le parcours sera plus aérien que le parcours de Coupe du monde que nous avons eu au même endroit. Il y aura, je pense, plus de gros sauts, ce qui nous arrive aussi sur certaines étapes de Coupe du monde. Cela dépendra également du niveau de neige dont nous disposerons. Toutes les conditions semblent réunies à Sotchi, le parcours risque donc d'être assez aérien.

Quel est le type de parcours que vous préférez ? Quelque chose de plus technique, de plus tactique ou un parcours sur lequel il faut attaquer et envoyer de gros sauts ?J'aime l'attaque, mais j'aime également les courbes qui font ressortir mon ski alpin. Quand il y a beaucoup de courbes mais qu'il faut quand même s'engager, cela me correspond bien aussi. Je ne suis en revanche pas forcément à mon avantage sur des parcours plus faciles avec beaucoup de portions de glisse.

Vous êtes assez jeune (24 ans, ndlr), et vous n'avez pas vraiment d'expérience en Coupe du monde ou aux X Games (deux podiums en Coupe du monde depuis 2011, ndlr). Concrètement, quel résultat visez vous à Sotchi ?Evidemment je vais à Sotchi dans l'optique de ramener une médaille. Je n'ai aucun autre objectif que celui-là.

L'idée est donc de se concentrer uniquement sur cet objectif de médaille ? Vous n'y allez pas pour vous faire plaisir ?C'est sûr qu'il faut y aller pour se faire plaisir, mais mon seul objectif reste de décrocher une médaille. Je pense avoir mes chances, comme beaucoup d'autres. Nous n'avons qu'une course et ne pouvons donc pas nous permettre de passer à côté d'un tour. Il faut y aller à 100% pour avoir une chance d'accéder aux finales et au podium.

On dit souvent que les Jeux Olympiques sont la course d'un jour. Y'a-t-il une préparation particulière ?J'ai pu profiter de l'expérience de ceux qui ont déjà participé aux J.O. Nous avons la chance de côtoyer dans le groupe Marion (Josserand, médaillée de bronze à Vancouver en 2010, ndlr). Je pense qu'il faut s'attendre à quelque chose de différent, vivre une cérémonie d'ouverture, la forte présence de la presse, ce sont des choses dont nous n'avons pas l'habitude. Maintenant, une fois dans la porte de départ et jusqu'à la ligne d'arrivée, cela reste une course comme les autres parce que c'est ce que l'on sait faire, ce pourquoi nous nous entraînons toute l'année. Ce n'est pas parce que ce sont les J.O. que nous devons oublier nos fondamentaux. Les à-côtés sont forcément différents.

Au vu de l'évolution de votre saison, de votre dynamique, vous allez à Sotchi avec 100% de confiance ou vous posez vous encore quelques questions ?Sur le début de saison, j'aurais préféré arriver avec pleins de victoires et podiums. Ce n'est pas le cas, mais je ne suis pas pour autant déstabilisée. Je pense vraiment avoir mes chances, en tout cas je devrai la saisir. J'ai connu le podium en Coupe du monde, sur une course, tout peut arriver. Même si j'avais gagné toutes les Coupes du monde jusque-là je n'arriverais pas en me disant que les Jeux vont être faciles. Je prendrai ma chance, peu importent les résultats de début de saison.

Peu importe la concurrence ?La concurrence, nous la connaissons. Les filles qui seront au départ avec moi, je cours avec elles depuis trois ans donc nous nous connaissons. Tout le monde voudra prendre sa chance, il faut se méfier de tout le monde. Je pense avoir les mêmes chances que les autres.

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