Marie Dorin-Habert : " J'ai l'impression d'être la maman d'une équipe de six filles "

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Marie Dorin-Habert : " J'ai l'impression d'être la maman d'une équipe de six filles "
Marie Dorin-Habert : " J'ai l'impression d'être la maman d'une équipe de six filles "

Après une saison où elle a été deux fois sacrée championne du monde, Marie Dorin-Habert ne vise rien d'autre que des victoires en Coupe du monde pour elle et l'équipe de France, dont elle se voit comme le chef de file, voire la " maman ".

Marie Dorin-Habert, comment ça va dans la tête et dans les jambes en ce moment ?
Dans la tête, ça va bien. On est en pleine fin de préparation, on commence à affiner, c’est la dernière ligne droite, ça sent bon la saison. Par contre, niveau forme, je suis un peu fatiguée car c’est la fin des gros entraînements d’été donc, forcément, on a un peu de fatigue accumulée et j’espère que ça va passer avec la préparation finale. Ça suit son cours.

Vous avez réalisé une superbe saison l’année dernière. Du coup, êtes-vous encore plus attendue cette année ?
Je pense que, cette année, je suis un peu attendue mais, après, je n’ai pas gagné un classement général. C’est sûr que les deux titres (de championne du monde, ndlr) ont fait du bien. Ça va être dur de l’égaler, en tout cas, je vais travailler pour. On verra bien, je ne me fixe pas forcément d’objectifs comme gagner un classement général même si les entraîneurs aimeraient bien, et moi aussi. Mais c’est quelque chose qui se fera si tout se passe bien, si les courses s’enchaînent bien, si la confiance est là. Pour l’instant, le but va être plus de faire de belles courses, de les prendre une par une et d’essayer de faire en sorte de monter sur le podium le plus régulièrement possible. On affinera au fur et à mesure de la saison les objectifs pour la suite.

Vous parlez de belles courses, mais est-ce que cela signifie médaille, podium ?
Oui, quand même. Après, ça veut aussi dire dix sur dix (au tir, ndlr) et la forme en ski. Si tout est là, si les conditions sont réunies, généralement, ça fait normalement un podium ou alors ça veut dire que j’ai régressé, et je ne l’espère pas (rires). Ça veut quand même dire podium, même si ça passera par la manière avant tout et, donc, il va tout le temps mettre les balles, être très régulière, garder la forme à skis assez longtemps. J’espère que la préparation a été bonne de ce côté-là.

Une équipe hétérogène mais talentueuse

Un petit mot sur l’équipe de France ?
C’est une équipe qui est assez hétérogène en termes d’âge et tout ça, mais qui est finalement très fluide. Ça se passe super bien et même s’il y a de grandes différences d’âge, je suis la plus vieille et Justine a dix ans de moins que moi. C’est vrai que ça fait beaucoup mais ça passe vraiment bien, il y a une super ambiance, beaucoup d’émulation. Ça va vraiment vers l’avant. Chacun a trouvé sa place de manière très simple. Les petites jeunes sont là, elles ont les dents longues et, en plus, elles ont un très fort potentiel. C’est cool, ça nous botte un peu les fesses à nous, les plus vieilles. Il va falloir qu’on assume notre rôle de vieux sages et tout. Mais, non, c’est vraiment intéressant, je pense qu’on peut avoir une belle équipe. En tout cas, il y a un très gros potentiel et j’espère que tout le monde va performer cet hiver parce que ça bosse dans le bon sens.

Le but, c’est de faire quelque chose ensemble ?
Oui, quelque chose ensemble mais même de manière individuelle, chacune a de quoi aller chercher de beaux résultats.

Vous vous imposez comme chef de file de cette équipe de France. Est-ce que vous avez les épaules pour un tel rôle ?
Finalement, ça va. C’est vrai que les années d’avant, j’avais plus de mal à assumer ça et, là, je pense que ça doit être l’âge... Je me fais vieille et je le sens sous toutes ses formes (rires). J’ai aussi l’impression d’être la maman d’une équipe de six filles. Ça se fait bien et, finalement, je n’ai rien de plus à assumer, pas de poids supplémentaire. C’est un rôle qui m’a été donné, je l’endosse mais sans me mettre de pression en terme de résultats ou de manière de se comporter. Ça se fait vraiment simplement cette année et c’est assez agréable. Il y a zéro tension dans l’équipe, il n’y a vraiment pas de pression, chacun avance. Il y a beaucoup de professionnalisme même de la part des jeunes et, ça, c’est vraiment bien. Ça avance dans le bon sens.

Des podiums, mais surtout du travail sur la régularité

Les objectifs se font plus précis cette saison ?
Précis ? Non, ça va être montrer sur le podium le plus souvent possible. Après, j’aimerais vraiment affiner le tir debout, que j’ai beaucoup travaillé cette année. J’espère que les palettes vont se blanchir. L’objectif va être de gagner des courses mais, en termes de manière, j’aimerais bien jouer sur la régularité et ne pas avoir de périodes de gros craquage où je suis complètement submergée par les émotions et où j’en rate plein sur un dernier tir. J’espère que je vais remonter ma moyenne de tirs par rapport aux dernières années.

On a l’impression que le mental influe énormément sur les performances ?
Enormément ! Et un Martin (Fourcade, ndlr), c’est un dingue du mental. C’est mon modèle au niveau du ski, il n’en lâche pas une. Il est non seulement le plus fort à skis, mais il a un mental qui fait qu’il donne zéro chance à ses adversaires. Même quand il les écrase en skis, il les écrase au tir et, ça, c’est vraiment costaud parce qu’il est attendu, il y a de la pression. J’aimerais vraiment bien arriver à ce niveau-là. Je ne l’aurai jamais mais j’aimerais arriver à cette maîtrise-là du sport où on ne lâche rien jusqu’au dernier moment et où on en remet une couche tous les week-ends et sans jamais lâcher. C’est vraiment fort et c’est ce que j’essaye de travailler cette année avec les entraîneurs et j’espère que ça va le faire !

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